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John Wyclif (v 1328 - 1384)


Théologien anglais, lointain précurseur de la Réforme, Wyclif (ou Wycliff, Wycliffe, voire Jean de Wiclef) est né dans une famille de petite noblesse du Yorkshire. Il fait de brillantes études à Oxford, scientifiques d'abord puis théologiques et il devient docteur en 1372. Il est professeur à Oxford puis entre au service du roi d'Angleterre.

À partir de 1374, il publie par fascicules sa doctrine de l'autorité fondée sur la grâce, selon laquelle toute autorité est accordée directement par la grâce de Dieu et perd sa valeur lorsque son détenteur est coupable de péché mortel. Pour lui, la véritable Église est l'Église invisible des chrétiens en état de grâce : Wyclif met en cause le principe de l'autorité de la hiérarchie dans l'Église et préconise la désignation du pape par tirage au sort. Il dénie aux prêtres en état de péché mortel la possibilité de remettre les fautes. Wyclif laisse clairement entendre que l'Église d'Angleterre est pécheresse et coupable de corruption. Sa doctrine est condamnée en 1382 par trois synodes tenus à Londres par les dominicains, mais lui-même n'est pas excommunié.

On reproche à Wyclif de semer le désordre social : il envoie de sa propre autorité ses disciples prêcher dans le royaume d'Angleterre ; ils sont appelés " Lollards ". Ceux-ci sont largement écoutés. Leurs prédications contribuent, dans le Sussex et le Kent, à une révolte des paysans qui, massacrant nobles et clercs, envahissent Londres en 1381. Cette révolte est durement réprimée.

Les " Douze Conclusions " des Lollards (1395) condamnent l'Église établie, les sacrements, les prières pour les morts, la confession. Ils veulent la pratique d'une foi simple et évangélique, tout homme devant avoir le libre accès aux Écritures dans sa propre langue : on leur doit deux traductions de la Bible en Anglais. En 1401 un décret condamne les hérétiques lollards au bûcher.

Malgré cela, les idées de Wyclif auront eu un rayonnement considérable en Angleterre et ailleurs, particulièrement à Prague et dans toute l'Europe centrale, où elles inspirent Jan Hus. Longtemps après sa mort, le concile de Constance en 1415 condamne Wyclif comme hérétique. En 1528, ses ossements sont déterrés, brûlés et jetés dans la rivière Swift.