Le 23 septembre 1122, la signature à Worms d'un Concordat entre le pape et l'empereur allemand met fin à la querelle des Investitures.
Un demi-siècle plus tôt, en 1075, le pape réformateur Grégoire VII avait publié 27 propositions sous l'intitulé Dictatus papae par lesquelles il tentait
d'enlever aux souverains d'Occident le droit de nommer des laïcs de leur choix à des fonctions d'évêque ou d'abbé. Ce texte, fruit de la réforme
grégorienne, reste une œuvre majeure du droit canonique au Moyen Âge, visant à établir la monarchie absolue du Christ sur l'ensemble du monde (dominium mundi),
et donc celle de son vicaire, le pape, sur les souverains temporels. Il s'ensuivit un violent conflit entre le pape et l'empereur, dont l'une des péripéties fut l'humiliation de
l'empereur à Canossa (1077).
Avec le Concordat signé à Worms, en Rhénanie, entre le pape Calixte II et l'empereur Henri V, il est convenu que les évêques du Saint Empire romain ne seront
plus désignés par l'empereur mais recevront une double investiture, spirituelle et laïque. Des accords similaires avaient déjà été conclus
quelques années auparavant entre le pape et les rois d'Angleterre et de France.
L'investiture de l'Église "par la crosse et l'anneau" confère désormais aux évêques l'autorité ecclésiastique. Celle de l'empereur, de type
féodal, leur garantit la possession d'un fief.
Cette affaire aura une certaine importance pour la suite de l'Histoire, car elle officialise en Occident la distinction entre le domaine spirituel et le domaine temporel. Cette distinction a
joué un grand rôle dans la maturation politique des États européens.
La réforme grégorienne est une politique menée par la papauté pour redresser l'Église. Si les historiens considèrent que le pape Léon
IX a commencé ce redressement, le pape Grégoire VII lui a laissé son nom. La réforme grégorienne développe trois projets principaux :
la réforme des mœurs du clergé. Les prêtres doivent être instruits et rester célibataires.
L'indépendance de la hiérarchie ecclésiastique à l'égard des pouvoirs temporels, notamment dans la nomination des
clercs
L'affirmation du rôle du pape à la tête de l'Église : à partir du XIe siècle, se met en place une structure
centralisée qui vise à contrôler les Églises. En 1059, Nicolas II crée le collège des cardinaux qui élit le nouveau Pape. Pour assister ce
dernier, la curie pontificale se développe.