Le traité de Verdun consacre la partition de l'empire de Charlemagne en trois régions : Francie orientale (Germanie), Francie occidentale (France) et
Lotharingie (zone intermédiaire qui ne survivra pas très longtemps). Une génération auparavant, la dislocation avait été évitée par un
concours de circonstances - un seul des fils de Charlemagne lui ayant survécu (Louis 1er le Pieux) - mais cette fois, les héritiers sont trois...
Le traité de Verdun est censé clore une série de conflits fratricides, engagés dès la mort de Louis le Pieux (840).
Dans un premier temps, Lothaire, héritier du titre d'empereur, s'en prend successivement à Charles (déjà en conflit avec Pépin, roi d'Aquitaine n'acceptant
pas sa tutelle) et à Louis, qu'il fait tous les deux reculer. Dans un deuxième temps, Louis et Charles s'allient et reprennent l'avantage sur Lothaire , qui semble tout perdre.
Dans un troisième temps enfin, les trois frères trouvent un compromis, sous l'égide de l'Eglise, à qui ils abandonnent leur rôle de garants de l'unité
chrétienne.
En apparence, une sorte d'unité est donc préservée. Main en entérinant la partition, même harmonieuse et consacrée, le traité de Verdun
privilégie la coutume franque du partage intégral au détriment du droit romain (primogéniture). Or il faut bien reconnaître que cette coutume franque est plus
adaptée au partage des fruits du pillage qu'à la transmission des royaumes et à la pérennité des grandes structures politiques. La dynastie carolingienne,
franque par excellence, était donc dépassée, condamnée à plus ou moins brève échéance...