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Le traité de Troyes (21 mai 1420)


Le traité de Troyes, souvent qualifié de "honteux" intervient alors que la France est dans une situation désastreuse, après des décennies de guerre, certes discontinue, mais préjudiciable aux cultures, au commerce... Après les succès de Charles V, la France est dans le creux de la vague : la défaite d'Azincourt (1415) a décimé l'armée, le pays est divisé entre deux factions (Armagnacs et Bourguignons), et le roi Charles VI a perdu la raison. Ce dernier, avec la reine Isabeau de Bavière, est l'otage de fait de l'homme fort du pays, le duc de Bourgogne, maître de Paris. Philippe III le Bon vient de succéder à son père Jean Sans Peur, assassiné en 1419 à Montereau (une entrevue devait avoir lieu entre le Duc de Bourgogne et le Dauphin Charles, mais les alliés du Dauphin craignaient un accord entre les deux hommes). Encouragé par la lassitude des parisiens, Philippe III franchit le Rubicon et négocie avec les Anglais.

Les exigences d'Henri V sont simples : il épouse Catherine, la fille de Charles VI, et à la mort du roi de France, le roi d'Angleterre règnera sur les deux pays

Les négociations s'accompagnent d'une trêve, très appréciée par la population, soulignant les bienfaits à attendre d'une paix. Le duc de Bourgogne impose l'alliance anglaise au conseil royal. Après quelques mois de mise au point, le traité est signé en la cathédrale de Troyes, le 21 mai 1420. Il stipule que : Le 2 juin, Henri V épouse Catherine et s'en va prendre quelques villes encore favorables au Dauphin (Sens, Montereau, Melun)

La responsabilité du piteux traité est volontiers imputée au seul duc de Bourgogne, voire à Isabeau de Bavière. La réalité est sans doute plus complexe La situation militaire est catastrophique, notamment après Azincourt, et le roi d'Angleterre aurait pu réunir les deux couronnes par la force : le roi de France est fou, son fils le Dauphin est exilé, isolé et peu énergique. Le traité de Troyes est donc peut-être un moindre mal. Quant à la responsabilité d'Isabeau, elle est toute relative, sans réel pouvoir face au duc ou contre l'Anglais, comment aurait-elle pu empêcher le traité ? Sans doute lui reproche-t-on tout simplement d'être une Allemande : l'étranger fait toujours un bouc-émissaire bien pratique...