Lors de la fondation de l'Ordre du Temple (1129), la mission des Templiers se limitait à
protéger les pélerins se rendant en Terre Sainte. Or avec le temps, ils avaient accumulé richesses et puissance, et leur retour en occident (1291) avait de quoi
inquiéter le roi de France, Philippe IV le Bel. En outre, les Templiers ont vu peu à peu, à tort ou à raison, leur moralité et leurs pratiques
critiquées...
Le roi de France, de bonne foi peut-être, envieux certainement, relaya les accusations qui entâchaient la réputation des membres (hérisie, satanisme,
homosexualité), et s'en servit pour accentuer la pression sur la papauté, avec laquelle il traînait un contentieux depuis Boniface VIII et l'attentat d'Anagni (1303).
Sous la pression de la rumeur, le pape Clément V dut se résoudre à ouvrir une enquête, cette démache étant appuyée par les Templiers
eux-mêmes, soucieux de laver leur honneur.
Mais Philippe le Bel ne pouvait se résoudre à voir l'enquête lui échapper, les Templiers relevant de la juridiction ecclésiastique. Dans le plus grand secret,
et sans avertir le pape, il fait arrêter simultanément tous les templiers de France, le 13 octobre 1307. Pour justifier ce coup de force illégal, le roi prétend avoir
agi à la demande de l'Inquisiteur de France, Guillaume de Paris. En obtenant rapidement des aveux (sous la torture, bien évidemment), il met le pape devant le fait accompli.
Après quelques protestations d'usage, Clément V s'incline et demande l'arrestation des Templiers de toute la Chrétienté, tout en revendiquant la maîtrise de la
procédure : de pirouette en intimidation, d'astuce en compromis de façade, le roi de France préserve l'essentiel : la conduite des poursuites.
Le 13 octobre 1311 s'ouvre le concile de Vienne, chargé notamment de statuer sur l'avenir de l'Ordre. Voyant que la défense des Templiers s'y organisait, Philippe le Bel
débarque en armes le 20 mars 1312 : sous la pression, Clément V, par la bulle vox in excelso, prononce la dissolution de l'Ordre, deux jours plus tard. Un peu plus tard, la
bulle ad providam liquidera les biens du Temple au profit de l'ordre des Hospitaliers
La mort sur le bûcher de Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay (1314) est le dernier acte majeur de l'histoire du Temple. La sentence suprême fait suite aux dernières
dénégations des deux hommes, revenant sur leurs aveux, donc relaps aux yeux de l'Eglise.