L'abbé Suger est un homme d'église devenu homme d'Etat. Il serait né à Chennevières-lès-Louvres, en 1080 ou 1081 et mort
à Saint-Denis le 13 janvier 1151. Probablement issu d'une famille de serfs, il entre à l'abbaye de Saint-Denis vers l'âge de dix ans. Après avoir étudié
au prieuré d'Estrées de 1094 à 1104 pour devenir moine, il retourne à l'abbaye de Saint-Denis et en devient l'abbé (1122). Esprit pondéré,
répugnant aux excès d'ascétisme, il s'oppose à Bernard de Clairvaux
Personnage majeur de son siècle, l'abbé Suger a laissé un triple héritage :
Un ministre avant l'heure, fidèle compagnon du roi : Suger est le compagnon d'étude de Louis VI et ce dernier l'implique dans la vie politique dès le début de son
règne : dans sa quête pour étendre son domaine royal, le roi trouve en lui un appui efficace.
Suger occupe de très nombreuses fonctions. Le roi le consulte en matière militaire, le charge de missions diplomatiques auprès de souverains étrangers (notamment les
papes Gélase II et Calixte II). L'abbé participe au concile du Latran (1123). C'est encore lui qui est à l'origine du mariage du futur Louis VII avec Aliénor
d'Aquitaine (1137).
Après la mort de Louis VI, il continuera à conseiller activement Louis VII : Suger assurera d'ailleurs une régence efficace lors de la 2ème croisade à partir
de 1147. Il aura donc incontestablement joué un rôle de premier plan dans le renforcement de l'autorité royale.
Un historien : Il est à l'origine des "grandes chroniques de France", histoire officielle de la monarchie, dont il rédige le 1er volume : "la vie du roi Louis VI".
Un promoteur de l'art gothique : Suger est nommé à la tête de la prestigieuse Abbaye de Saint Denis en 1122, et il est à l'origine de la nouvelle basilique (1144),
où se feront enterrer les rois de France.