ARRÊTONS NOUS !
Avant que les singes ne disent "humain comme ses pieds"...


Réapprenons à compter, pour :

Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, au lieu de débiter n'importe quelles imbécillités au nom du brainstorming ou de réciter un charabia mécanique au nom de la communication . Le silence, ce n'est pas la mort... et en plus ça repose !

Tourner sept fois son porte-monnaie dans sa poche avant de consommer, au lieu d'entasser les gadgets et d'expérimenter des services toujours plus originaux, toujours plus rigolos, mais jamais assez stupides pour être les derniers. La croissance est une fuite en avant, pas une aventure moderne dont il faut être pour exister.

Regardons-nous dans une glace, pour :

Retrouver le sens du ridicule, au lieu de faire semblant d'assumer son mauvais goût et ses tares. L'immaturité ne préserve pas de la vieillesse

Voir l'esclave qu'on est devenu : Travaille ! Achète ! Procrée ! Travaille ! Ne fume pas ! Vote pour que ça continue ! Éclate de rire ! Travaille ! Dis merci au monde libre ! Pleure parce que c'est triste ! Achète encore plus ! Ne bois pas ! Entasse ! Sois raisonnable ! Vote pour que ça ne soit pas pire ! Travaille ! Achète ton cercueil à l'avance ! Debout ! Assis ! Couché ! Et ne vis pas trop vieux (tu coûtes cher) !

Retrouvons de la dignité pour :

Fuir toutes les modes, les fausses addictions. Arrêter les prédilections convenues, les aversions surjouées, les importances artificielles. Oublier toutes ces postures grotesques, au lieu de se vautrer dans le panurgisme. Être, au lieu de montrer ce qu'on voudrait que les autres croient qu'on est.

Recomplexer les hontes décomplexées : vulgarité, égoïsme, xénophobie, inculture, voyeurisme, corruptibilité...

Rayer le mot compétition de la vie quotidienne : la concurrence, c'est bon pour les végétaux, le commerce et les sportifs

Analyser, prendre du recul, au lieu d'avoir peur de tout et de tous, de s'indigner sur commande, de communier dans la trouille, dans l'émotion synthétique. Il n'y a pas de salut dans la facilité : le confort, c'est bon pour les fesses, pas pour le cerveau.


Un XXI ème siècle, oui, mais pour faire quoi ?