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La bataille de Roncevaux (778)

La bataille de Roncevaux est un fait d'armes parmi d'autres, dans une capagne militaire qui avait conduit les armées franques en Espagne.
A l'origine, Charlemagne avait reçu l'ambassade du gouverneur de Barcelone, Sulayman ben Yaqzan ibn al-Arabi qui, en révolte contre Abd al-Rahman Ier, l'émir de Cordoue, demandait l'aide des Francs. Charlemagne avait accepté, car il souhaitait créer un état tampon, une marche entre son royaume et l'empire sarrasin d'Al-Andalus, afin de se protéger des razzias.

En avril 778, Charlemagne part donc en campagne contre les Sarrasins. Il arrive à Pampelune qui lui ouvre ses portes sans résister. Sulayman, ayant réussit à prendre Saragosse, change de camp et refuse de livrer la ville à ses alliés. Comme par ailleurs le chef saxon Widukind semble vouloir profiter de son absence pour attaquer, Charlemagne reprend la route vers le nord. En chemin, le 15 août 778, alors qu'elles traversent en file indienne le col de Roncevaux, les troupes franques tombent dans une embuscade, menée par des montagnards vascons (gascons ou basques). Ceux-ci attaquent l'arrière-garde commandée par Roland, marquis de la marche de Bretagne et Anselme, comte du palais, et la massacrent : dans cette gorge étroite, le gros de l'armée ne peut en effet se déployer. L'incident, car c'en est un, l'essentiel des troupes étant indemne, est d'abord chroniqué dans les Annales royales (Annales Regni Francorum), ainsi que dans la biographie de Charlemagne (Vita Karoli Magni) rédigée par le moine Eginhard.
Mais c'est la Chanson de Roland, poème épique rédigé à la fin du XIe siècle, qui lui donnera son retentissement, sans commune mesure avec les faits. Le poème met en scène le personnage de Roland. Le comte de la marche de Bretagne y est dépeint comme un héros malchanceux qui sonne en vain de l'olifant pour alerter le gros de l'armée du guet-apens vascon et qui périt après avoir brisé sa fidèle épée Durandal sur un rocher. Si Roland a bien existé, le lieu retenu est hypothétique, de même que l'existence de personnages annexes comme Ganelon, beau-père félon de Roland, et la présence à Roncevaux de l'archevêque de Reims.