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ROBERT-II le Pieux (v 972 - 1031)


Robert II, dit le Pieux (ou le dévôt) est roi de France de 996 à 1031, mais dès 987, il est associé au trône par son père Hugues Capet, d'abord dans le domaine militaire, puis sur les questions religieuses, auxquelles son éducation auprès de Gerbert d'Aurillac (philosophe et mathématicien, futur pape Syvestre II) l'avait préparé.

Malgré son surnom de Pieux, la vie conjugale de Robert n'est guère orthodoxe. Marié d'abord à Rozala, une italienne nettement plus âgée que lui, il obtient le divorce et s'amourache de la comtesse Berthe de Bourgogne, épouse du puissant comte Eudes de Blois ! Après les décès successifs d'Eudes et d'Hugues Capet, Robert épouse Berthe, mais l'union est refusée par le pape, pour consanguinité. Les menaces d'excommunication et l'absence d'héritier font céder le roi de France, qui épouse finalement Constance d'Arles, fille du comte d'Arles.
Cette union sera prolifique mais malheureuse, marquée par un désaccord sur la succession, après la mort du fils aîné, Hugues. Finalement, Robert II impose Henri.

Sur le plan politique, la grande réussite de Robert II aura été la prise de possession du duché de Bourgogne. A la mort d'Henri 1er de Bourgogne (1002), l'absence d'héritier aiguise la convoitise du royaume Franc et de l'Empire. Après 15 ans de lutte, de trahisons, le duché de Bourgogne (à ne pas confondre avec le comté ou le royaume du même nom), tombe entre les mains du Capétien. C'est Robert, troisième fils du roi et préféré de la reine, qui prend le titre de duc.

Le règne de Robert II est vu tantôt comme le paroxysme de la faiblesse royale, tantôt comme l'affermissement de la monarchie. La vérité est forcément entre les deux : partant de très peu, avoir augmenté son capital territorial est déjà une réussite pour Robert, membre d'une dynastie de fraîche date ; moins ambitieux peut-être que ses grands vassaux, sa puissance se développe moins spectaculairement que la leur.

Généalogie
Hugues Capet
(v 940 - 996)
Adélaïde de Poitiers
(v 945 - 1004)
Robert II
(v 972 - 1031)
Rozala d'Italie
(v 955 - 1003)
Berthe de Bourgogne
(v 964 - 1010)
Constance d'Arles
(v 955 - 1003)
Alix
(1003 - v 1063)
Hugues
(1007 - 1025)
Henri 1er
(1008 - 1060)
Alix
(1003 - v 1063)
Adèle
(1009 - 1063)
Robert
(1011 - 1076)
Eudes
(1013 - 1056)
Constance
(1014 - ?)
Quelle terreur pour l'an mil ?


La théorie selon laquelle la population était terrorrisée à l'idée de passer l'an mil est une pure invention : il n'y a aucune trace du moindre phénomène de ce genre. C'est au XVIème siècle qu'apparaît cette légende qui sera notamment reprise par Jules Michelet. Elle s'appuie rétrospectivement sur le texte de l'Apocalypse de Jean (nouveau Testament), selon lequel Satan, emprisonné, devrait être libéré mille ans après l'incarnation du Christ.

Le concile d'Ephèse (431) entérine la position de bon sens de Saint-Augustin, qui considérait déjà mille ans comme une façon de parler d'une très longue période. Du reste, l'an mil est plutôt une période de croissance économique et de calme relatif, qui incite plus à l'optimisme qu'aux craintes millénaristes.
L'affaire des hérétiques d'Orléans


En 1022, le roi fait juger et condamner au bûcher un groupe d'hérétiques, qui comprenait quelques notables d'Orléans. Les accusés professaient que la grâce n'est pas conférée avec le baptême, que le pêché ne peut être pardonné, et que la consécration de l'hostie est sans effet. Le roi est personnellement intervenu dans cette affaire, et n'est pas étranger à la sévérité de la sentence... Il semble que le bûcher n'ait d'abord été dressé que pour effrayer les hérétiques, mais que devant les bravades de ces derniers, il ait fallu l'utiliser sous peine de perdre la face...
Les écrouelles


Du latin populaire scrofelloe, du latin scrofulae, de scrofa, truie, animal considéré comme étant très sale. Selon la tradition, les rois de France possédaient le pouvoir de guérir les malades atteints d'écrouelles (synonyme: scrofule). En les touchant, ils faisaient le signe de la croix sur leur visage et prononçaient une formule. Robert II le Pieux fut le premier à qui l'on prêta ce pouvoir. L'usage, qui existait aussi en Angleterre, se perpétua jusqu'à la fin de l'ancien Régime et fut remis à l'honneur par Charles X le jour de son sacre en 1825.