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Gilles de Rais (1404 - 1440)


Gilles de Montmorency-Laval, baron de Rais, comte de Brienne, dit Gilles de Rais (ou Gilles de Retz, ou Gilles de Rays), est un homme d'armes, maréchal de France. Il est principalement connu pour deux raisons : d'une part pour avoir été compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, ce qui est avéré ; d'autre part, pour avoir été condamné par un tribunal ecclésisatique " pour sorcellerie, sodomie, et meutres de trente petits enfants", ce qui fait encore débat. Toujours est-il que Perrault s'est inspiré de Gilles de Rais pour son personnage de Barbe-Bleue

Gilles de Rais est né au château de Machecoul ou au château de Champtocé. Apparenté à la famille de Laval et de Montmorency, seigneur de Rais, d'Ingrandes, de Champtocé-sur-Loire, ses immenses revenus, ses alliances avec de grandes familles nobles, sa parenté avec la famille royale de France et la dynastie ducale de Bretagne, en font un des seigneurs les plus en vue de son époque.

Après la mort de ses parents (1415 et début 1416), Gilles et son frère René sont élevés par leur grand-père maternel, Jean de Craon, à la réputation sulfureuse. En 1420, Gilles de Rais épouse Catherine de Thouars, qui lui donne une fille (Marie de Laval 1429-1457).

Petit-neveu du connétable Bertrand Du Guesclin, Gilles de Rais entreprend une carrière militaire. Il s'illustre d'abord sous les ordres de Jean V de Bretagne (Fin de la guerre de succession de Bretagne). Passé au service du roi de France Charles VII, il combat contre les Anglais à partir de 1427 (jusqu'en 1431) : il prend d'assaut le château du Lude, reprend aux Anglais la forteresse de Rainefort et le château de Malicorne-sur-Sarthe. On le trouve aux côtés de Jeanne d'Arc : en 1429, il est l'un des capitaines qui aident la jeune femme à ravitailler Orléans ; en 1429, il se distingue à la prise de Jargeau.

Après le sacre de Charles VII (1429), Gilles de Rais est nommé maréchal de France. Son échec lors du siège de Paris entraîne son discrédit auprès de la Cour et l'incite à se retirer dans son château de Tiffauges en Vendée, lieu supposé des crimes qu'il aurait commis.

Une rumeur fait en effet état de crimes d'enfants, liés à la sorcellerie ou à la simple dépravation : un incident sans aucun rapport avec elle, va précipiter sa chute, par un enchaînement machiavélique. Un peu avant 1440, Gilles de Rais aurait indûment pris possession d'un domaine ecclésiastique, ce qui lui vaut d'être jugé par la juridiction de l'Eglise, qui trouve là une occasion d'enquêter sur les rumeurs Arrêté pour un simple coup de force, il ne découvre qu'à la deuxième audience de son procès l'étendue et la gravité des chefs d'inculpation (13 octobre 1440).

Les témoins à charge se multiplient, et l'accusé comprend qu'il a été piégé. Il s'emporte et se révolte, ce qui entraîne en réaction son excommunication par l'évêque qui préside le procès. Cette excommunication l'effraie et il se résout alors à faire des aveux en échange de la levée de la sanction : sa confession, prononcée dans sa prison puis répétée à l'audience du 22 octobre, horrifie l'assistance tant la cruauté qu'elle recèle dépasse l'entendement.
Le jugement est prononcé le 25 octobre : Gilles de Rais et ses deux valets sont condamnés à être pendus puis brûlés. L'exécution a lieu dès le lendemain.

Un doute sur la culpabilité de Gilles de Rais subsiste toujours. Il pourrait avoir avoué et s'être repenti pour éviter la confiscation de ses biens, synonyme de ruine pour ses proches. Cela dit, était-il nécessaire, en cas d'innocence, d'aller aussi loin dans les aveux ?