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La bataille de Poitiers (732)


La bataille de Poitiers fait partie des événements historiques gravés dans la mémoire collective française, comme l'anecdote du vase de Soissons (cf. Clovis) ou l'épopée de Jeanne d'Arc. Outre la dérive folklorique un peu ridicule que ces épisodes génèrent, la bataille de Poitiers est affublée d'un attelage nauséabond de nationalisme et de xénophobie : certains voient dans ce coup d'arrêt à l'invasion Arabe, l'exemple sacré qu'il faudrait suivre aujourd'hui dans la lutte contre l'immigration C'est oublier un peu vite qu'à l'époque, la civilisation est plutôt du côté des envahisseurs - et atteindra bientôt son apogée - que du côté des envahis, arc-boutés sur les vestiges d'un empire romain dont ils ont ruiné durablement l'héritage
Cela étant dit, la Bataille de Poitiers reste une victoire franque sur les armées musulmanes venues d'Espagne.

L'invasion, si elle n'est pas dénuée d'arrières-pensées, n'est pas la simple poursuite vers le nord de la conquête rapide de l'Espagne. Prétexte ou non, elle tire son origine d'une alliance entre Eudes d'Aquitaine et un chef musulman de Cerdagne, Munuza, aspirant à l'indépendance : l'expédition punitive contre le rebelle frappe également Eudes, au moment où Charles Martel commence à concrétiser ses vues sur l'Aquitaine en s'attaquant aux alliés du duc.
Dans un premier temps, Abd el Rahman, à la tête de l'armée musulmane, échoue devant Toulouse. Mais ensuite, il attaque l'Aquitaine et remporte une victoire contre Eudes, qui s'en remet à Charles Martel, en sollicitant son aide.

La bataille de Poitiers est assez unanimement datée du 25 octobre 732, du côté musulman comme du côté Franc, même si certains la placent en 733. Le lieu de la bataille est lui, beaucoup moins consensuel, donc impossible à situer plus précisément que " dans le Poitou ", malgré le coup de force toponymique de Moussais-la-Bataille

Le déroulement des combats se limite à des conjectures plus ou moins pertinentes, mais son issue est un revers indiscutable des troupes arabo-musulmanes, revers dont les raisons font également débat (hétérogénéité des troupes, présence des familles des soldats, éloignement des bases, équipement des Francs).
Le prestige que cette victoire jette sur Charles Martel et les territoires aquitains qu'elle lui a permis de conquêrir, vont précipiter la chute des Mérovingiens et l'avènement des Carolingiens.