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Philippe III, le Hardi (1245 - 1285)


Philippe III est roi de France de 1270 à 1285. A sa naissance, Philippe n'est pas destiné à régner, mais la mort prématurée de son aîné Louis en fait l'héritier de la couronne de France. Sa vaillance au combat, qui lui a valu le surnom de Hardi, cache un caractère plutôt faible, écrasé par la forte personnalité de ses deux parents. Son avènement est aussi marqué par une mort prématurée : Louis IX succombe à la dysenterie au cours de la huitième croisade, à laquelle Philippe participe. Proclamé roi à Tunis en 1270, il n'est sacré que l'année suivante, à Reims. Entre temps, sa femme est décédée des suites d'une chute de cheval

Comme ses prédécesseurs, Philippe III mène une politique d'agrandissement et de consolidation du royaume, pacifiquement (héritages, achats, unions) ou non (annexions, guerres).
En 1271-1272, il incorpore au domaine royal l'héritage de son oncle Alphonse de Poitiers : le comté de Toulouse, le Poitou et une partie de l'Auvergne. Par le traité d'Amiens de 1279, il est cependant contraint de céder l'Agenais, la Saintonge et le Ponthieu au roi d'Angleterre Edouard Ier. Il hérite également le comté de Perche et le comté d'Alençon de son frère Pierre décédé en 1283. Il achète les comtés de Nemours (1274) et de Chartres (1284), acquiert des villes (Harfleur, Montmorillon), reprend le contrôle de Montpellier. En contrepartie, il céde au pape Grégoire X le comtat Venaissin (1274)

Il mène une politique matrimoniale efficace : le mariage de sa cousine Mahaut d'Artois avec le comte Othon IV de Bourgogne prépare le rapprochement de l'actuelle Franche-Comté avec le royaume ; après la mort d'Henri Ier de Navarre, sa fille Jeanne est fiancée au futur Philippe le Bel. La Champagne et la Navarre sont administrées par les Français de par le traité d'Orléans de 1275, et la Champagne est définitivement rattachée au domaine en 1314.

Du point de vue des institutions, Philippe III introduit plusieurs nouveautés. Il fixe la majorité des rois de France à quatorze ans. Il affermit la justice royale au détriment des justices seigneuriales, instituant un tribunal royal dans chaque bailliage ou sénéchaussée. Il frappe d'amendes les nobles ne répondant pas à la convocation à l'ost royal. Il crée un impôt sur les transmissions de fiefs. Enfin, il institutionnalise la ségrégation envers les juifs.

Sa politique extérieure est nettement moins fructueuse : en Castille, après la mort de son beau-frère Ferdinand de la Cerda en 1275, Philippe III prend sans succès le parti des enfants de celui-ci contre Don Sanche, désigné successeur par le roi Alphonse ; en Italie, il soutient le pape Martin IV contre les gibelins, ainsi que la politique sicilienne de son oncle Charles d'Anjou, après les massacres des Vêpres Siciliennes en 1282 : le pape attribue le royaume à Charles de Valois, mais celui-ci ne peut le conserver ; en Espagne, il attaque sans succès la Catalogne : son armée est touchée par la dysenterie, et il est défait en septembre à Las Formiguas. C'est au cours de sa retraite que le roi de France meurt, à Perpignan.

Ses entrailles sont conservées à Narbonne, ses os rejoignent la nécropole royale de Saint-Denis, son coeur est donné aux Jacobins de Paris.

Généalogie
Louis IX
Saint-Louis
(1214 - 1270)
Marguerite de Provence
(1221 - 1295)
1234 1262 1274 1299 1254
Blanche
(1240 - 1243)
Isabelle
(1242 - 1271)
Louis
(1244 - 1260)
Philippe III
Le Hardi
(1245 - 1285)
Jean-Tristan
(1250 - 1270)
Pierre
(1251 - 1284)
Blanche de France
(1253 - 1320)
Marguerite
(1255 - 1271)
Robert
(1256 - 1317)
Agnès
(1260 - 1227)
Isabelle d'Aragon
(1247 - 1271)
Marie de Brabant
(1254 - 1321)
Louis
(1264 - 1276)
Philippe IV
Le Bel
(1268 - 1314)
Robert
(1269 - v 1276)
Charles
(1270 - 1325)
Louis
(1276 - 1319)
Marguerite
(v 1279 - 1319)
Blanche
(1278 - 1306)
Édouard 1er
(1239 - 1307)
Éléonore de Castille
(1244 - 1290)
Édouard II
(1284 - 1327)