Nicole Oresme est connu comme l'un des grands savants du moyen âge.
Ayant étudié la théologie et le droit canon, il exerce de nombreuses charges ecclésiastiques avant de devenir évêque de Lisieux de 1377 à 1382.
On lui prête souvent la fonction de précepteur du futur roi Charles V. Etienne Gilson lui attribue aussi le mérite d'être le premier auteur à avoir
employé le français pour énoncer de grandes vérités scientifiques et philosophiques.
Ses travaux l'ont conduit à s'intéresser tant aux mathématiques (il est parfois considéré comme un précurseur de la géométrie analytique)
qu'à la physique (dans son Traité du Ciel et du Monde, bien avant Copernic, il sape le système aristotélicien en argumentant en faveur de la rotation de la Terre) ou
encore l'économie. Ce dernier domaine est exploré dans son Traité du commencement et première invention des monnaies (1366).
Ses réflexions juridiques et institutionnelles sont contenues dans son commentaire à sa traduction de la Politique d'Aristote (entre 1371 et 1374). Oresme conteste la
légitimité d'une monarchie universelle, copiée sur le modèle de la plenitudo potestatis pontificale. Pour lui, il s'agit de deux registres différents : la
monarchie spirituelle émane de la volonté divine et est régie par le Saint-Esprit, tandis que le pouvoir temporel doit veiller à gérer prudemment les affaires
humaines. En ces différents sens, sa réflexion politique peut être perçue tant comme une anticipation de l'exigence libérale de limiter le pouvoir que comme
une lointaine annonce du crédo démocratique de la souveraineté populaire.