Guido d'Arezzo est né vers 995 et mort en 1050 à Arezzo. Il est à l'origine de la notation musicale, et on lui doit le nom des notes et leur
disposition sur les lignes et les interlignes de la portée. Jusqu'à lui, la transmission était uniquement orale, donc peu sûre.
Guido d'Arezzo était un moine bénédictin et les Bénédictins, déjà vers l'an mille, étaient réputés pour leur chant. Il
semblerait que Guido devait enseigner le chant aux autres moines, en particulier aux novices. Il voulait transmettre, facilement et rapidement, les mélodies qu'il avait écrites
et, tâche encore plus difficile, communiquer cette musique à d'autres monastères en y envoyant des choristes de sa communauté.
Le problème qui se présentait à Guido était donc double: d'une part, se souvenir du chant psalmodié et, d'autre part, communiquer le chant à des moines
qui ne le connaissait pas encore. Le tout, on imagine, le plus fidèlement possible à l'original.
Les recherches de Guido à l'Abbaye de Pomposa (près de Ferrara, Italie) le menèrent alors à inventer des systèmes de notation, mais sa communauté
monastique n'accepta pas ses innovations pédagogiques. Intrigues et calomnies le chassèrent alors de cette abbaye, qu'il quitta pour s'installer à Arezzo, accueilli par
Theodald, évêque de la cathédrale qui, lui, était favorable à ses réformes autour du chant liturgique.
Vers l'an 1030 Guido se rendit à Rome pour y rencontrer le Pape Jean XIX et lui présenter sa nouvelle méthode solfégique. Elle se fondait sur la portée
à quatre lignes et l'utilisation des noms de notes ut, ré, mi, fa, sol, la, provenant du hymne à Saint Jean-Baptiste. Impressionné, le pape aurait invité
Guido à s'établir à Rome, mais ce dernier serait tombé malade et aurait quitté la ville. L'histoire dit que les moines de l'Abbaye de Pomposa, ceux-là
même qui l'avaient chassé quelques années auparavant, voulaient désormais l'accueillir en leur abbaye pour mettre en pratique son système de notation, mais
Guido aurait préféré retourner à Arrezo.
Guido d'Arezzo demeure un grand théoricien de la musique, nous ayant légué son oeuvre Micrologus de musica et sa notation, encore en usage aujourd'hui, plus de mille ans
après son invention. Pour nommer les six degrés de son hexacorde, Guido d'Arezzo a utilisé les premières syllabes d'un chant religieux latin, l'Hymne à saint
Jean-Baptiste, dont le texte est attribué à Paul Diacre (en latin Paolus Diaconus).
Utqueant laxis
Resonare fibris
Mira gestorum
Famuli tuorum,
Solve polluti
Labii reatum,
Sancte Ioannes.
Traduction : " Afin que tes serviteurs puissent chanter à gorge déployée tes accomplissements merveilleux, ôte le pêché de leurs lèvres
souillées, saint Jean. ".