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Jacques De Molay (v 1240/1250 - 1314)


Jacques de Molay est le dernier Maître de l'Ordre des Templiers de 1292 à 1312. Il est né en Haute Saône, dans le Comté de Bourgogne, alors vassal de l'Empire Germanique.

En 1265, il est reçu dans l'Ordre à Beaune par Humbert de Pairaud, visiteur de France et d'Angleterre et par Amaury de la Roche, maître de France. Vers 1270, il est en Orient : on ne sait pas si il se trouve parmi les survivants d'Acre qui réussissent à s'échapper avec Thibaud Gaudin à Chypre, mais il participe à un chapitre qui se tient dans l'île en automne 1291. Il est élu Maître de l'Ordre avant avril 1292, peu de temps après la mort de Thibaud Gaudin.
Dès son élection, Jacques de Molay s'empresse de parer au plus pressé, il met en place un gouvernement et s'occupe de la défense de l'île de Chypre et du Royaume de Petite Arménie, dernières possessions franques en Orient.

Au printemps 1293, il entreprend un long voyage en Europe, où il règle différents problèmes dans les domaines de l'Ordre, mais surtout, il implore l'aide des princes occidentaux et de l'Eglise pour la défense des derniers Etats Chrétiens. Au cours de ce voyage, il noue d'étroites relations avec plusieurs monarques, dont Edouard 1er d'Angleterre, Jacques II d'Aragon et le pape Boniface VIII.

Il rentre à Chypre en automne 1296. Plusieurs revers, dont le massacre des Templiers de Rouad (1302) le convaincront d'abandonner l'alliance Mongole qu'il avait imaginée pour lutter contre les Mamelouks.

En 1305, le nouveau pape Clément V sollicite l'avis des Maîtres des Ordres religieux pour la préparation d'une nouvelle croisade et sur un projet d'unification des Ordres. Il les convoque en 1306, mais des problèmes de santé l'obligent à repousser la rencontre jusqu'en 1307 : Jacques de Molay y réitère son refus catégorique d'une fusion entre Templiers et Hospitaliers.
Cette décision aura de lourdes conséquences pour l'avenir de l'Ordre du Temple. D'abord, le Roi de France prend ombrage de cette décision, car elle perturbe ses ambitions, de plus elle met à mal les négociations entre Clément V et Philippe le Bel au sujet de la condamnation de la mémoire de Boniface VIII et enfin, elle perturbe l'organisation de nouvelle croisade.

A l'occasion de ce voyage de 1307, Jacques de Molay découvre que des rumeurs courent au sujet des Templiers : le 24 juin, il est à Paris où il rencontre Philippe le Bel pour en discuter. Il rentre à Poitiers, rassuré par la discussion avec Philippe le Bel, mais demande au pape qu'il diligente une enquête pour laver l'Ordre de tout soupçon. Le 24 Août, Clément V annonce qu'une commission d'enquête est mise en place.

Jacques de Molay est arrêté par les agents du roi, en même temps que tous les autres Templiers du royaume, le 14 octobre 1307. Interrogé selon les usages du moyen-âge, le Maître lâchera des aveux, tout en espérant, en vain, l'aide de Clément V. L'Ordre est finalement dissous par le pape (1312) et De Molay est condamné à la prison à vie. Se sentant trahi, il revient sur ses aveux et déclare l'Ordre innocent des accusations portées contre lui : considéré dès lors comme relaps, il est livré au bûcher le 18 mars 1314, en compagnie de Geoffroy de Charnay.