Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni, dit Michel-Ange, est un artiste de la Renaissance italienne dont l'œuvre de sculpteur, d'architecte, de peintre et
de poète a marqué l'histoire de l'art occidental.
Né dans le village de Caprese, près d'Arezzo, Michel Ange a travaillé essentiellement à Florence ainsi qu'à Rome, au service de la curie pontificale.
Le père de Michel-Ange, fonctionnaire de Florence, porte le nom de Ludovico Buonarroti et est lié à la famille Médicis. Il place son fils, alors âgé de
treize ans, en apprentissage dans l'atelier du peintre Domenico Ghirlandaio. Deux ans plus tard environ, il étudie à l'école de sculpture du jardin des Médicis de la
place Saint-Marc et il ne tarde pas à être invité dans la maison de Laurent de Médicis, dit le Magnifique. Il a alors l'occasion de rencontrer les plus jeunes des
Médicis, dont deux vont plus tard devenir papes (Léon X et Clément VII). Il fréquente également un cercle d'humanistes et de lettrés tels que Marsile
Ficin, Francesco Landini et Politien. à l'âge de seize ans, il a déjà produit au moins deux bas-reliefs, dont le Combat des Lapithes et des Centaures (1490-1492, Casa
Buonarroti, Florence) qui fait référence aux sarcophages de l'Antiquité tardive. Son mécène, Laurent de Médicis, meurt en 1492 ; et fin novembre 1494,
il quitte Florence, au moment où les Médicis en sont temporairement expulsés. Il gagne Venise, puis Bologne, où il complète (en 1494-1495) par plusieurs
statuettes en marbre (saint Pétrone et saint Procule) la châsse de saint Dominique (église Saint-Dominique) réalisée par l'atelier de Nicola Pisano (XIIIe
siècle), et poursuivie par le sculpteur bolonais Niccolo dell'Arca (entre 1469 et 1473).
Il se rend alors à Rome, où il peut examiner de nombreuses statues et ruines antiques récemment mises au jour. Il produit bientôt sa première sculpture de
grandes Dimensions, le Bacchus (hauteur : 2,03 m, 1496-1498, Bargello, Florence). Cette sculpture, qui fait partie de ses rares œuvres d'inspiration païenne rivalise avec les statues
de la Rome d'Hadrien que l'on admire beaucoup à cette époque depuis les fouilles entreprises à la villa d'Hadrien. Les figures sont placées en équilibre, dans
une pondération toute classique. à la même époque, il réalise la Pietà en marbre (1498-1500), conservée aujourd'hui à son emplacement
d'origine, dans la basilique Saint-Pierre. Cette Pietà, l'une des plus célèbres œuvres d'art de tous les temps, est probablement achevée avant l'âge de
vingt-cinq ans et c'est la seule œuvre qu'il signe. La Vierge Marie est représentée assise avec dignité, tenant le Christ mort sur ses genoux. La composition est
incluse dans un triangle, symbole de la Trinité.
Le style de Michel Ange trouve son apogée dans le David géant (4,34 m de haut) de marbre (Accademia, Florence), qu'il réalise entre 1501 et 1504, pour la seigneurie de
Florence. Le personnage de l'Ancien Testament est représenté par Michel-Ange en jeune homme nu, musclé et portant son regard au loin comme s'il évaluait son ennemi,
Goliath, qu'il n'a encore jamais rencontré. L'artiste préfère figurer le moment de réflexion intérieure qui précède le geste de violence
plutôt que de mettre l'accent sur l'action en elle-même. Son David est entendu comme le symbole de l'invincibilité de la République florentine. Il est tout d'abord
installé sur la place de la Seigneurie, devant le Palazzo Vecchio, l'Hôtel de ville de Florence. Avec cette statue, il prouve à ses contemporains qu'il surpasse tous les
artistes modernes mais aussi les artistes grecs et romains de l'Antiquité, en ajoutant à la beauté formelle une grande expressivité et une puissante
signification.
Tout en travaillant à son David, il a l'occasion de démontrer ses capacités de peintre dans l'exécution d'une commande en 1504, la Bataille de Cascina, pour la salle
du Conseil des Cinq-Cents du Palazzo Vecchio ; cette œuvre doit faire face à la Bataille d'Anghiari confiée à Léonard de Vinci. Finalement, aucun des deux
artistes ne mène à bien son projet.
Le premier tableau de Michel-Ange est le Tondo Doni (vers 1504, Musée des Offices, Florence). Dans cette œuvre, Michel Ange tente de dépasser les limites de la peinture et
de lui donner la maîtrise de la matière que possède la sculpture.
Il est rappelé à Rome par le pape Jules II en 1505, pour la réalisation de deux commandes. La plus importante est celle des fresques de la voûte de la chapelle
Sixtine, qui l'occupe de 1508 à 1512. Travaillant couché sur le dos, sur un échafaudage monté au-dessus de la chapelle, il peint certaines des plus belles
représentations de tous les temps. Sur la voûte de la Chapelle papale, il conçoit un système de décoration complexe, comprenant neuf scènes
tirées du livre de la Genèse, commençant par Dieu séparant la lumière des ténèbres et comprenant la Création d'Adam, la Création
d'Eve, la Tentation, la Chute d'Adam et Eve, et le Déluge. Ces scènes historiées, qui occupent la position centrale, sont entourées en alternance de
représentations de prophètes et de sibylles, sur des trônes de marbre, et d'autres personnages de l'Ancien Testament ou d'ancêtres du Christ. Pour la
préparation de cette œuvre gigantesque, il dessine de nombreuses études et cartons, concevant ainsi des dizaines de personnages et de poses. Ces représentations
impressionnantes et puissantes, qui démontrent une parfaite maîtrise de l'anatomie humaine et du mouvement, ont radicalement transformé le cours de l'évolution de la
peinture en Occident.
Michel-Ange meurt à Rome le 18 février 1564, à l'âge de 89 ans.