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Charles Martel (v 688 - 741)



Fils de Pépin de Herstal, maire du Palais et roi de fait comme lui, il est le père de Pépin le Bref, fondateur de la dynastie carolingienne.
Charles Martel n'avait pas plus de vingt ans lorsque son père mourut (714). La légitimité de sa naissance pouvait être contestée, puisqu'il n'était pas né de Plectrude, femme de Pépin de Herstal, mais d'une concubine de ce prince, nommée Alpaïde.
Au moment où elle devient veuve, Plectrude prend le pouvoir et retient Charles Martel prisonnier à Cologne, où elle résidait. Les Neustriens n'acceptent pas cet état de fait et mettent Chilpéric II sur le trône : Charles Martel, échappé de prison, est reçu comme un libérateur par les Austrasiens (715), qui l'aident à assiéger la veuve de son père, qui lui abandonne ses prétentions (717).

Pour sécuriser son pouvoir fraîchement acquis, il prend un enfant du sang royal, nommé Clotaire IV, et lui donne le titre de roi d'Austrasie, afin de régner plus commodément sous son nom. La Neustrie et la Bourgogne, qui prennent les armes contre lui, sont battues en 719. Charles Martel récupère Chilpéric II comme deuxième marionnette. Il ne remplacera même pas Clotaire IV à sa mort.
Puissant, dominateur, Charles n'en est pas moins usurpateur et devra sans cesse lutter contre les Frisons, Saxons et autres Bavarois. D'abord défait, il les mettra au pas les uns après les autres.

Il doit en particulier réprimer des troubles en Allemagne : il passe le Rhin en 725. Vainqueur des Bavarois, il revient chargé de butin, et accompagné de la reine Bilitrude, et sa nièce Ferischilde, qu'il épouse. Trois ans après pourtant, il doit de nouveau les soumettre. C'est à ce moment que les Sarrasins, menés par Abdérame, s'avancent en nombre vers la Loire.

Il fallait leur opposer une armée nombreuse, et il ne restait rien à offrir aux soldats français, les caisses étant vides. Après avoir dépouillé le clergé pour payer les troupes, il part au devant des Sarrasins, qu'il rencontre près de Poitiers, le 25 octobre 732. La victoire est complète... Complète, mais pas définitive, et d'autres campagnes devront être menées.

A la mort de Thierry IV, Charles Martel ne se faisait pas d'illusion sur le mécontentement provoqué par la spoliation du clergé : il ne prend donc pas le titre de roi ; il se contente de gouverner seul, avec une autorité absolue, depuis 737 jusqu'à sa mort, arrivée à Quierzy-sur-Oise, le 22 octobre 741.



La palme de la récupération
A l'instar de Jeanne d'Arc, Charles Martel est malheureusement fréquemment récupéré pour alimenter des discours xénophobes, et en particulier islamophobes. Il symboliserait la résistance à l'envahisseur barbare, hier soldats, aujourd'hui travailleurs immigrés. Sauf que... c'est faire peu de cas de la réalité historique !
En 732, les troupes sarrasines viennent de l'Espagne mulsulmane. A cette époque, Al-Andalus marche vers son apogée, scientifique, technique et culturelle, une civilisation de raffinement et de tolérance ; en face, il n'y a qu'une bande de brutes incultes, qui ont tout oublié de la brillante civilisation romaine. Laissons donc Charles Martel à son époque, et respectons-nous les uns les autres...