Le rabbin Moshe ben Maimon, souvent abbrévié en HaRambam, francisé en Moïse Maïmonide, était un médecin, officiant
à la cour de Saladin, philosophe, commentateur de la Mishna, légaliste, codificateur, et Naggid (chef de la communauté) des Juifs d'Égypte, né à
Cordoue, dans la maison familiale située à proximité du fleuve Guadalquivir. Son premier compagnon de jeux, alors qu'il avait à peine trois ou quatre ans, s'appelait
Ali. C'est ainsi que très jeune, il apprend les rudiments de la langue arabe.
Fils de Maïmon ben Yossef HaDayan, issu d'une longue et illustre lignée de rabbins et juges, que certains n'hésitent pas à faire remonter jusqu'à Rabbi
(lui-même réputé de lignée davidique), il perd très tôt sa mère. Cet événement, qui déterminera Moïse à devenir
médecin, l'engagera à se poser la question du devenir de l'âme et à poser les bases d'une quête mystique
Vers l'âge de 13 ans, il est contraint d'émigrer avec sa famille, vers le Maghreb, où il s'instruit en sciences juives et profanes. Il lit Aristote, Hippocrate et bien
d'autres et prendra connaissance des écrits d'Averroès à la fin de sa vie. Cependant, Fès devient rapidement elle aussi le théâtre de disputes sur fond
d'intolérance religieuse, et la famille Maïmon doit de nouveau émigrer, en Israël. A la mort de son père, Maïmonide se rend en Egypte.
A la mort de son frère David, dont le commerce assurait la subsistance familiale, il exerce la médecine pour subvenir à ses besoins. Son cabinet était ouvert
à tous, juifs, chrétiens, musulmans, riches ou indigents. Il imposera la médecine expérimentale avant l'heure et la prévention par l'hygiène de vie. Il
deviendra l'un des plus célèbres herboristes et phytothérapeutes de son temps. Médecin personnel du sultan Saladin (Salah-al-Din), il devient le chef de la
communauté juive d'Egypte, son représentant auprès du souverain et à ce titre responsable de l'organisation intérieure et des règlements
judiciaires.
Comme philosophe, il introduit la logique aristotélicienne dans la pensée juive et ouvre des pistes dans les domaines de la psychologie et de l'éthique. Mais son apport
essentiel consiste en une conciliation de la science et de la religion qu'il expose dans son Guide des égarés, écrit cette fois en arabe. Maïmonide estime que la
recherche, loin d'exclure Dieu, amène à mieux connaître sa perfection, pensée que l'on retrouve d'une certaine manière chez un autre Cordouan musulman,
Averroès.
En théologie, il est notamment l'auteur du Mishné Torah, ouvrage monumental rédigé en hébreu, et non en arabe ou en araméen comme il
était d'usage, et destiné à remédier à la dispersion millénaire des règles de la pratique juive (Mishna). Son œuvre dans ce domaine
constitue encore le socle de la loi rabbinique.
Sa réputation comme philosophe talmudiste et médecin sera telle que les juifs le compareront au Moïse de la Bible: "De Moche jusqu'à Moche, il n'y eut personne comme
Moche" diront de lui ses coreligionnaires. Les chrétiens lui donneront le titre d' "Aigle de la Synagogue." Richard Coeur de Lion tentera, en vain de l'attirer auprès de lui
à Ashkelon en Palestine au cours de la troisième croisade.