Louis X, le Hutin (1289 - 1316) et Jean 1er (1316)
Louis X ne règne que 18 mois sur la France, et n'aura été qu'un lointain roi de Navarre. Il accède au trône après son père Philippe IV, dont le
règne a été plutôt long et très agité, marqué par des conflits majeurs (Papauté, Templiers, Flandres) et une impopularité
réelle : un règne controversé mais un des plus importants et des plus mémorables du moyen-âge !
En outre, la condamnation pour adultère de Marguerite de Bourgogne, sa première épouse (affaire des brus de Philippe le Bel) n'a pas contribué à asseoir le
prestige du nouveau roi.
Dès le début du règne, les grands féodaux, et notamment Charles de Valois, profitent de la faiblesse relative de Louis pour récupérer une bonne partie de
leurs prérogatives, provoquant un sévère et inédit recul de la puissance capétienne. Le roi apaise la colère du peuple en accordant des chartes
régionales, en trouvant des boucs-émissaires parmi les grands serviteurs de son père (notamment Enguerrand de Marigny, Pierre de Latilly ou encore Raoul de Presles)
Louis X meurt un peu plus d'un an après son mariage avec Clémence de Hongrie, et alors que celle-ci est enceinte. Le miracle capétien semble d'abord devoir durer
quand naît un fils posthume, Jean, mais le nouveau-né ne survit que cinq jours : pour la première fois depuis Hugues Capet, un roi de France meurt sans héritier
mâle et il se pose une double question : la demi-sœur de Jean, Jeanne, peut-elle accéder au trône ? Et si ce n'est elle ?
Il semble qu'à l'époque, personne ne voulait d'une femme sur le trône : peu importait qu'on ait douté de sa filiation du fait de l'adultère de sa mère ou
qu'on n'ait eu aucune autre raison que la supposée supériorité de l'homme, peu importait qu'une crise dynastique pût survenir (et elle surviendra à la mort du
dernier fils de Philippe le Bel, lui aussi sans héritier mâle). Quant à la prétendue loi Salique, elle n'est qu'un argument avancé bien plus tard, un
argument au demeurant douteux.