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La chute de Jérusalem (1187)


Le royaume de Jérusalem, affaibli par des querelles intestines, est totalement vaincu à la bataille de Hattin, le 4 juillet 1187. La fine fleur de la noblesse du royaume est emprisonnée, y compris le roi Guy de Lusignan. Dans un premier temps, la Ville Sainte est épargnée, car Saladin préfère consacrer l'été à prendre les différents ports du royaume, Saint-Jean-d'Acre, Sidon, Beyrouth et Ascalon, et d'autres places fortes comme Naplouse, Jaffa, le château de Toron, et ainsi empêcher le débarquement de renforts venus d'Europe.

Le sultan avait la ville à sa merci. Il pouvait l'investir à tout moment ; à l'intérieur se trouvaient des alliés potentiels : les chrétiens orthodoxes, majoritaires parmi les pauvres, avaient toujours mal supporté l'Église latine qui les obligeait à assister à des cérémonies dont la langue et les rites leur étaient étrangers. Ils regrettaient l'époque où, sous les princes musulmans, ils avaient pu prier comme ils l'entendaient.

Le conseiller particulier de Saladin était un érudit orthodoxe de Jérusalem, du nom de Youssef Batit ; côté chrétien, l'interlocuteur était Balian d'Ibelin. Après diverses tractations et rétractations, après le siège de la ville, un accord est trouvé, sur la base d'une reddition avec rançon.

Les vainqueurs se montrent exemplaires. Là où les Francs, quatre-vingt-huit ans plus tôt, avaient pataugé dans le sang de leurs victimes, on ne pille pas un seul bâtiment, on ne blesse personne. Sur ordre de Saladin, des gardes patrouillent dans les rues et aux portes, empêchant qu'on inflige le moindre outrage aux chrétiens. Pendant ce temps, chacun s'efforce de trouver l'argent de sa rançon et Balian vide le trésor pour rassembler les 30 000 dinars promis. Grâce au reste de la donation de Henry II, sept mille pauvres sont libérés ; des milliers d'autres auraient échappé à l'esclavage avec un peu plus de générosité de l'Église notamment. Bientôt, deux files de chrétiens se déversent par les portes de la ville, ceux qui avaient payé leur rançon eux-mêmes ou grâce aux efforts de Balian, et ceux qui partaient en captivité. Le frère de Saladin, al-Adil obtient d'en affranchir immédiatement un millier. Le patriarche Héraclius, lui, rachète sept cents prisonniers, Balian, cinq cents. Saladin libére encore les vieillards et les maris.
Parmi les réfugiés, quelques uns tentent de rejoindre Tripoli, en vain ; d'autres partent pour Antioche, ou Byzance ; d'autres encore gagnent l'Égypte, d'où ils parviennent à rentrer en Europe.

Une fois le calme revenu, Saladin autorise les pèlerinages chrétiens à Jérusalem, et permet au Saint-Sépulcre de rester aux mains des chrétiens. Pour consolider la légitimité musulmane de Jérusalem, plusieurs lieux saints, dont celui qui deviendra la mosquée al-Aqsa, sont purifiés à l'eau de rose.

En occident, une nouvelle croisade se prépare