Pépin II de Herstal, dit Pépin le Gros ou encore Pépin le Jeune, est maire du palais d'Austrasie. Il est le fils d'Ansegisèle
(lui-même fils d'Arnoul de Metz), et de Begga, fille de Pépin Ier.
Il est cité pour la première fois vers 675 comme duc d'Austrasie et en compagnie de Martin, dux de Champagne, en lutte contre Ébroïn, maire du palais de Neustrie, mais
ils sont vaincus en 679 à Laon et le duc Martin tué. Ebroïn est assassiné en 681 par un seigneur franc, Ermenfroi, qui se réfugie à la cour d'Austrasie.
Après une période de paix troublée avec le maire de palais neustrien Waratton, la guerre reprend en 687, et Pépin, après avoir défait le maire Bertaire
à Tertry, prend le contrôle de tous les royaume francs à partir de 690. Laissant l'Aquitaine de côté, il soumet ensuite les seigneurs de Saxe, de Frise, de
Bavière et d'Alémanie.
Mais il délaisse son épouse Plectrude pour sa maîtresse Alpaïde et les partisans de chaque femme divisent la cour. Cette union est à l'origine de l'assassinat de
Lambert, évêque de Tongres-Maastricht, futur saint Lambert, patron de Liège. En septembre d'une année sur laquelle les historiens ne parviennent pas à se
mettre d'accord, 696 ou 705, Pépin II convie l'évêque dans son palais de Jupille, près de Liège, dans le but de lui demander de l'unir à Alpaïde.
Pépin venait de répudier Plectrude mais l'évêque avait eu vent qu'un enfant était né hors mariage. Il refusa donc de les marier. Quelques jours plus
tard, le 17 septembre, Lambert et ses neveux, Pierre et Andolet, sont assassinés par Dodon, frère d'Alpaïde, en représailles à son refus.
Pépin de Herstal meurt le 16 décembre 714 à Jupille, et sa succession est disputée entre son petit-fils Théodebald, soutenu par sa grand-mère
Plectrude, et son fils Charles, fils d'Alpaïde. Charles finit par l'emporter...
Les Maires du Palais
Pendant la période mérovingienne, le Maire du palais quasi magister palatii seu Major domus regiæ, était la première dignité des royaumes. On ne
connaît pas l'origine de cet office. Les maires n'étaient d'abord désignés que pour un temps, puis à vie, avant que la charge ne devienne
héréditaire. Institués initialement pour commander dans le palais, leur puissance s'est progressivement accrue pour approcher celle d'un ministre, jusqu'à
l'usurpation de fait. Quand le royaume était divisé (Austrasie, Neustrie, Bourgogne...), il y avait plusieurs Maires du palais. Le dynamisme des maires du Palais n'avaient
d'égale que l'apathie des descendants de Dagobert 1er (les rois fainéants). Le jour où la famille des Pippinides (descendants de Pépin de Landen ou Pépin
L'Ancien) fut prête, elle donna naissance à la dynastie carolingienne.
Et c'est Pépin le Bref qui mettra fin au gouvernement des Maires du palais. Ceux qui les ont remplacés ont été appelés grands-sénéchaux, et
ensuite grands-maîtres de France ou grands-maîtres de la maison du roi.