Henri Ier, fils de Robert II, est roi des Francs de 1031 à 1060. Sacré roi du vivant de son père le 14 mai 1027 à Reims, il lui succède en 1031 mais doit faire
face à l'hostilité de sa mère (qui lui préfère son cadet, Robert, futur Duc de Bourgogne) et des grands vassaux qui la soutiennent. Le règne d'Henri 1er
est considéré comme une des périodes où le pouvoir central est au plus bas : même les études les plus récentes, plus modérées que les
approches traditionnelles, en conviennent. En fait, les duchés et comtés qui entourent le domaine royal se structurent plus vite que lui, leur puissance militaire est
équivalente à la sienne, voire supérieure, comme en témoignent les défaites subies par le roi. On ne garde guère d'Henri que sa politique matrimoniale
ambitieuse, sa vivacité tant vantée par les chroniqueurs, et les affrontements incessants avec les grands vassaux : Eudes de Blois (années 30), puis Geoffroy d'Anjou
(années 40), et enfin Guillaume II de Normandie (Bientôt le Conquérant) à partir des années 50. La chance d'Henri 1er aura été de ne jamais
être confronté aux trois en même temps
Eudes de Blois déclenche les hostilités dès l'avènement du roi, entraînant de nombreux vassaux, avec semble-t-il l'appui plus ou moins direct de Constance (la
fille d'Henri), voire celui de Robert (son fils). Devant la montée en puissance de la coalition, le roi se réfugie à Fécamp, sous la protection du Duc de Normandie,
Robert le Libéral (ou le Magnifique). Avec l'appui ducal (et en échange du Vexin Français, dont la possession empoisonnera durablement les relations franco-normandes), il
reprend l'avantage : c'est à cette époque que le rapprochement avec l'Empereur Conrad II, lui aussi en conflit avec Eudes de Blois, a failli assurer la puissance royale. La mort en
bas âge de la fille de Conrad, Mathilde, fiancée à Henri, ne permet pas de consolidation de l'alliance, mais l'heure d'Eudes est passée
C'est au tour de Geoffroy d'Anjou, par sa politique expansionniste, d'entrer en guerre contre le roi. Il reprend même à son compte l'alliance germanique, en mariant sa belle-fille
Agnès à l'Empereur Henri III. Là encore, la roue tourne en faveur du Capétien : Agnès est répudiée, et le nouveau Duc de Normandie, Guillaume,
apporte à Henri de France un appui militaire décisif, qui ramène de Comte d'Anjou à la raison (1052).
Mais malgré leur alliance objective, les relations entre Guillaume et Henri ont déjà commencé à se tendre. Quelques querelles de vassalité plus tard,
c'est la guerre. Allié cette fois au Comte d'Anjou, Henri subit plusieurs revers entre 1053 et 1059, qui préfigurent la supériorité durable du Normand, bientôt
aussi roi d'Angleterre (1066)
Henri meurt le 4 août 1060 à Vitry-aux-Loges, près d'Orléans
Généalogie
Robert II (v 972 - 1031)
Constance d'Arles (v 955 - 1003)
Mathilde de Frise (v 1024 - 1044)
? (1040 - 1044)
Anne de Kiev (v 1030 - v 1080)
Alix (1003 - v 1063)
Hugues (1007 - 1025)
Henri 1er (1008 - 1060)
Adèle (1009 - 1063)
Robert (1011 - 1076)
Eudes (1013 - 1056)
Constance (1014 - ?)
Philippe 1er (1052 - 1108)
Robert (1054 - v 1063)
Emma (1055 - v 1109)
Hugues le Grand (1057 - 1102)
Henri, tuteur de Guillaume
À la suite au départ en 1035 pour la Terre sainte de Robert le Magnifique, Henri Ier devient le tuteur de son fils, le futur Guillaume Ier, duc de Normandie. Quand la nouvelle de la mort de
Robert lui parvient, il soutient le jeune duc contre les seigneurs de Normandie qui lui sont hostiles. Ensemble, ils les combattent et les défont à la bataille du
Val-ès-Dunes en 1047.
Paix de Dieu et Trêve de Dieu
La Paix de Dieu est un mouvement qui se développe au sein du clergé français à la fin du Xe siècle et qui vise à limiter les guerres privées entre
les seigneurs du royaume. Ces conflits perturbent sans cesse les activités humaines, notamment l'agriculture, mais surtout, nuisent aux biens de l'Eglise et à son autorité.
Dans un premier temps, les seigneurs font le serment de respecter certaines interdictions : celles de ne pas s'en prendre aux biens de l'Église, aux hommes d'Église, ni d'enlever
contre rançon les paysans des autres seigneurs.
La Paix de Dieu s'étend rapidement, d'abord en Aquitaine puis dans le midi, jusqu'en Catalogne, et jusqu'au Lyonnais. Le mouvement, dont l'idéologie gagne tout le royaume, fait
l'objet d'une série de conciles : le concile fondateur de Charroux (989), le concile de Narbonne (990), les conciles du Puy, de Limoges et d'Anse (994) et les conciles de Poitiers (1000 et
1014). Le processus s'accélère en Catalogne où Oliva de Besalù, l'évêque de Vich lance la Trêve de Dieu (Synode d'Elne, dit concile de Toulouges, en
1027, puis synode de Vich, en 1033). Il introduit une notion temporelle: les exactions et combats sont interdits le dimanche. Plus tard, les chevaliers auront interdiction de faire la guerre le
samedi, puis du mercredi soir jusqu'au lundi matin (conciles d'Arles, en 1037 - 1041).
Il ne s'agit pas d'interdire la violence, mais de la codifier de la mettre au service des bonnes causes (rétablissement de l'autorité du roi, et plus tard, croisades)