Accueil section moyen-âge

(Fermer la fenetre)


Johannes Gutenberg (v. 1400 - 1468)


Johannes Gensfleisch zur Laden zum Gutenberg, dit Gutenberg était un imprimeur allemand dont l'influence a été déterminante dans la diffusion des textes et du savoir. Il est né et meurt à Mayence.

Novateur dans l'usage des caractères métalliques mobiles, il est considéré comme l'inventeur de l'imprimerie typographique en Europe, Bi Sheng ayant inventé les caractères mobiles en argile bien plus tôt (entre 1041 et 1048) en Chine. Son invention va révolutionner les méthodes traditionnelles de production des livres.

Alors que son invention est considérée comme un événement majeur de la Renaissance, Gutenberg connut une existence difficile. Il sera spolié de son matériel par l'un de ses associés, Johann Fust, et ne sera sauvé de la misère que grâce à Adolphe II de Nassau qui lui accorda une pension à vie et le titre de gentilhomme de sa cour.
Johannes est le troisième enfant issu d'une famille aisée, celle de Friele Gensfleisch zur Laden. Sa famille réside quelques années à Strasbourg, où il devient apprenti dans l'orfèvrerie. De retour à Mayence en 1448 au plus tard, il poursuit les travaux commencés à Strasbourg et emprunte de l'argent à son cousin Arnold Gelthus pour construire une presse.

En 1450, Johannes Gutenberg persuade le riche banquier Johann Fust de l'aider à financer son projet. Fust accepte et devient de fait son associé. Pour espérer des revenus suffisants, Fust et Gutenberg doivent choisir d'imprimer un livre dont le tirage permettra de couvrir les sommes engagées. À l'époque, le seul livre capable d'un succès immédiat est la Bible de Saint-Jérôme, la Biblia Latina. C'est à cette époque que Gutenberg perfectionne la technique de production des caractères en métal échangeables et égaux (alliage de plomb, fer, étain et antimoine) à l'aide de timbres d'acier coupés, des matrices de cuivre et d'un instrument à couler. Il améliore la presse à bras et l'encre d'impression. Gutenberg et ses ouvriers, dont Pierre Schoeffer, impriment la bible en 641 feuillets répartie en 66 cahiers. Chaque page, présentée comme une page manuscrite et composée de caractères gothiques textura, se divise en deux colonnes de 42 lignes chacune. Achevée en été 1456, la Bible à 42 lignes a été imprimée à environ 180 exemplaires. 48 d'entre eux sont conservés et 12 sont imprimés sur parchemin.
Malheureusement pour Gutenberg, l'impression des livres connaît un succès mitigé. Dans l'inventaire de son atelier, les bibles resteront en rayonnage quelque temps. Furst, qui avait déjà investi beaucoup d'argent, l'attaque en justice. Gutenberg perd tout, l'atelier et la presse gagés, et Furst continue d'imprimer en son nom, le remarquable Psalmorum Codex , puis des ouvrages plus faciles à vendre. Associé à Schoeffer, il s'installe à Paris en 1463 et meurt en 1466.

Insolvable, Gutenberg tente de relancer un atelier d'imprimerie et participe en 1459 à une édition de la Bible dans la ville de Bamberg. En janvier 1465, il est nommé gentilhomme auprès de l'archevêque de Mayence, Adolphe II de Nassau. Il bénéficie alors d'une rente et de divers avantages en nature. Il meurt en 1468, largement méconnu par ses contemporains. Sa tombe est aujourd'hui perdue.



Gutenberg n'est pas à proprement parler l'inventeur de l'imprimerie. Cette technique, ainsi que les caractères mobiles étaient utilisés dès le XIe siècle en Chine, d'abord avec des caractères en porcelaine (entre 1041 et 1048) par Bi Sheng (990-1051) puis en bois par Wang Zhen (1290-1333) et enfin les caractères mobiles en métal en 1234 par Choe Yun-ui en Corée. Jikji, le plus ancien livre imprimé avec caractères mobiles en métal encore en état date de 1377. L'utilité de cette invention est liée à la présence du papier au coût plus faible que le parchemin (peau animale). Ainsi, le plus ancien papier en Chine date de -8 avant notre ère, durant la Dynastie des Han de l'Ouest (-206, 25), il fut amené de Chine en Europe par les Arabes au XIe siècle, ceux-ci l'utilisaient depuis le IXe siècle pour y écrire le Coran.