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Les huitième et neuvième croisades (1270 - 1272)

Neuf croisades entre le XIème et le XIIIème siècle.


Comme la quatième croisade, la huitième n'atteindra pas la Terre Sainte ; comme la septième, elle est lancée par Louis IX.

L'origine de l'expédition est une rupture de l'équilibre des alliances : certains états latins d'Orient avaient choisi de s'allier aux Mongols, les autres aux Mamelouks. La mort et la succession du grand khan Mongka vont permettre aux Mamelouks de prendre le dessous, encerclant alors les états Francs. Les villes chrétiennes tombent une à une : Nazareth, Haïfa, Toron et Arsouf en 1265, Jaffa en 1268…

Bien que trois papes successifs appellent à la croisade et recueillent de nombreuses promesses, le départ ne se fera qu'en 1270, malgré l'extrême urgence des secours réclamés par les états latins d'Orient. Parti d'Aigues-Mortes, et après une escale à Cagliari (Sardaigne), Louis IX va faire de Tunis le premier objectif militaire de la croisade, ce qui semble étrange et va se révéler fatal. Que ce soit pour aider aux prétentions de son frère Charles d'Anjou ou pour une hypothétique conversion de l'Emir de Tunis, voire pour d'autres raisons, le détour nord-africain est de toutes façons une grave erreur, au moment où l'alliance mongole ne demandait qu'à être ranimée...

Après quelques succès militaires sans réelle portée, les croisés mettent le siège devant Tunis… en plein été ! L'eau potable est rare, la canicule est permanente, comme le harcèlement que subissent les assiégeants. La maladie apparaît bientôt et décime la croisade, emportant Louis IX et son fils Jean-Tristan. L'héritier Philippe III est trop jeune, le siège est levé, l'échec consommé.
La neuvième croisade est presque dans la continuté de la précédente. A la mort de Louis IX, Edouard, l'héritier de la couronne d'Angleterre, reprend l'expédition à son compte et part pour la Terre Sainte, où il peut constater que le commerce des Chrétiens avec les Musulmans est très florissant, même quand il s'agit de leur vendre des armes... Les hostilités avaient repris en Orient dès l'échec de Tunis, et nombre de places fortes étaient tombées aux mains des Musulmans.

Edouard reprend l'idée de l'alliance mongole, mais l'heure est passée, la grande offensive n'aura pas lieu, les jours des états latins d'Orient sont comptés (ils seront presque totalement perdus en 1291) et les croisades appartiennent désormais au passé. Le prince anglais prend le chemin du retour, alors que son père Henri III va mourir.