Le déclenchement des croisades trouve son origine dans la tradition des pélerinages, qui remonte au lendemain du règne de l'empereur romain Julien
l'Apostat (IVe siècle) : les fidèles désirent se rendre sur les lieux où Jésus a vécu. Ils veulent mettre en pratique les paroles du Christ :
"Quiconque abandonnera son père, sa mère, son épouse, ses enfants et ses champs à cause de moi, recevra le centuple et possèdera la vie
éternelle".
Avec l'avènement de l'Islam au Proche-Orient, et la prise de Jérusalem (638), l'accès au Saint-Sépulcre devient moins naturel, mais les pèlerinages continuent
malgré tout. Il est vrai qu'ils assurent des revenus importants aux Orientaux et ceux-ci ont soin de les protéger. Sous le règne des califes abbassides de Bagdad, des
monastères relais se multiplient sur les routes des pèlerins. On sait que Charlemagne entretenait de très bonnes relations avec le calife Haroun ar-Rachid…
Tout bascule avec la victoire des Turcs seldjoukides sur les armées byzantines à Malazgerd (1071). L'empereur byzantin Romain Diogène est fait prisonnier. LesTurcs s'emparent
de Jérusalem, jusque là sous l'autorité des Arabes fatimides d'Égypte, et refusent l'accès aux pélerins. De plus, en dix ans, les Turcs enlèvent
aussi l'Asie mineure aux Byzantins. Aux causes spirituelles s'ajoutent donc des considérations matérielles : Constantinople, la capitale de l'empire byzantin, risque de
tomber…
Le 27 novembre 1095, au cours du concile de Clermont qu'il a fait réunir, le pape Urbain II lance un appel à la croisade. En échange de leur participation, il promet le
pardon de leurs péchés aux chevaliers qui iraient porter secours aux chrétiens d'Orient.
Un premier corps expéditionnaire est mis en marche par Pierre l'Ermite et Gautier Sans-Avoir, mais il est constitué de "civils" : hommes, femmes, aventuriers, brigands,
ribaudes…Ils parviennent à Constantinople le 1er Août 1096, où l'empereur byzantin Alexis 1er Comnène les presse d'attendre les chevaliers croisés.
Indésirables du fait de leur exactions, impatients, inexpérimentés, les croisés "populaires" sont envoyés au-delà du Bosphore, où ils seront
presque tous massacrés avant l'arrivée du gros de la croisade. D'autres bandes de pseudo-croisés, allemands pour la plupart, se rendent en Orient. Ils sèment la
terreur et la désolation sur leur passage…
La croisade principale est appelée "croisade des barons", du fait de l'absence de souverains. Elle est divisée en quatre armées, dont les principaux chefs sont Godefroy de
Bouillon, Hugues de Vermandois (Frère du roi de France, Philippe 1er), ou encore Robert Courteheuse (Duc de Normandie)
Non sans difficultés, les cités tombent une à une aux mains des croisés : Nicée, Antioche, Edesse, puis Jérusalem en 1099. La croisade est donc un
succès au regard de l'objectif. Elle conduit en outre à la création des états latins d'orient. Mais elle apparaît surtout comme un succès provisoire dans
un jeu d'alternance entre l'influence chrétienne et l'influence musulmane, exacerbé par les violences commises à chaque changement de maître…
Les états latins d'orient, juste après la première croisade. Il s'agit du comté d'Edesse, de la principauté d'Antioche, du comté de Tortose
(embryon du comté de Tripoli) et du royaume de Jérusalem.