| Date | N° | Nom |
Décisions / Commentaires
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| 325 | 1 | Nicée I |
Le concile de Nicée I, outre qu'il est le premier concile œcuménique, présente la particularité d'avoir été décidé et convoqué par l'empereur, Constantin. Cette incongruité tient à la fois à la faiblesse relative du christianisme, qui sort à peine des persécutions, et à
celle de l'empereur qui a fait cause commune avec lui : pour le religieux, mais surtout pour le politique, la division est un luxe qu'on ne peut tolérer.
Un peu plus de 200 évêques assistent au concile, parmi lesquels seuls 5 viennent d'Occident (le pape n'est d'ailleurs pas présent, représenté par l'évêque de Cordoue). Le chiffre traditionnel de 318 participants est purement théologique, et renvoie au 318 serviteurs d'Abraham Décisions A la suite des débats, au cours desquels Arius a pu exposer et défendre ses thèses, l'arianisme est condamné, et ceux qui ne l'abjurent pas sont excommuniés. Cette décision brutale ne coupera pourtant pas court à la doctrine arienne, qui persistera pendant plusieurs siècles, plus ou moins ouvertement. Ainsi est instauré le principe de confession de foi, que résume le credo de Nicée : "Nous croyons en un seul Dieu, Père tout-puissant, Créateur de toutes choses visibles et invisibles ; et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, engendré du Père, c'est-à-dire, de la substance du Père. Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu ; engendré et non fait, consubstantiel au Père ; par qui toutes choses ont été faites au ciel et en la terre. Qui, pour nous autres hommes et pour notre salut, est descendu des cieux, s'est incarné et s'est fait homme ; a souffert, est ressuscité le troisième jour, est monté aux cieux, et viendra juger les vivants et les morts. Nous croyons aussi au Saint-Esprit." Ainsi naquit officiellement l'hérésie Le concile fixe aussi la date de la fête de Pâques, qui sera dès lors célébrée le premier dimanche suivant la pleine lune de printemps. |
| 381 | 2 | Constantinople I |
Comme celui de Nicée (325), le concile de Constantinople est convoqué par l'empereur (Théodose), dans un contexte de division : l'arianisme condamné autrefois, reste
vigoureux, et une autre hérésie fait des adeptes : le macédonianisme, qui nie la divinité
du Saint-esprit. Le concile réunit 150 évêques, tous orientaux. Les 36 évêques "macédoniens" ne siègeront pas..
Décisions Le concile de Constantinople confirme les décisions de celui de Nicée. Le credo est complété pour souligner la divinité du Saint-Esprit (le Saint-Esprit "procède du Père...qui, avec le Père et le Fils, est conjointement adoré et glorifié"). C'est une condamnation de fait de la doctrine macédonienne et des hérésies voisines. Le concile reconnaît la primauté d'honneur de Constantinople, juste derrière Rome, ce qui provoquera ultérieurement quelques tensions. |
| 431 | 3 | Ephèse |
Le concile d'ephèse est essentiellement consacré aux hérésies :
nestorianisme et pelagianisme surtout. Il est présidé par le patriarche Saint Cyrille d'Alexandrie et rassemble près de 200 évêques.
Décisions Le concile d'Ephèse condamne les doctrines nestorienne et pélagienne. Nestorius est déposé de son patriarcat de Constantinople. |
| 451 | 4 | Chalcédoine |
Le concile de Chalcédoine est une réaction au développement du
monophysisme, défendu notamment par Eutychès et Dioscore (évêque d'Alexandrie). La
diffusion de l'hérésie avait abouti au " brigandage d'Ephèse ", concile convoqué par l'empereur Théodose II, à la demande de Dioscore, tous deux
favorables aux thèses d'Eutychès (449). Les opposants au monophysisme ne purent s'y faire entendre, et Flavien, l'évêque de Constantinople qui avait excommunié
Eutychès, fut déposé, malgré le soutien pontifical.
Alerté par l'évêque de Constantinople, le pape avait alors rédigé le tome à Flavien de Constantinople : à l'affirmation selon laquelle la nature humaine du Christ est absorbée par sa nature divine, Léon 1er répond "L'union ne supprime nullement la différence des natures; au contraire, celles-ci restent sauves et se rencontrent en une seule personne, ou hypostase". Il faut attendre la mort de Théodose II pour convoquer un concile régulier : le concile de Chalcédoine réunit le chiffre record de 343 évêques (dont 4 seulement pour l'occident) Décisions Le concile de Chalcédoine condamne le monophysisme, dépose Dioscore et condamne Eutychès et Nestorius. Par son 28ème canon, il met Rome et Constantinople sur le même plan, ce que le pape n'acceptera pas. |
| 553 | 5 | Constantinople II |
Le concile Constantinople II est le fruit d'une période troublée, durant laquelle des
hérésies dûment condamnées, non seulement survivent, mais aussi se font la guerre. Ainsi,
le monophysisme rejeté par le concile de Chalcédoine (451) retrouve-t-il les faveurs de l'empereur Justinien (Via l'impératrice Théodora), en
se posant comme rempart contre le nestorianisme ; l'empereur voit également dans sa bienveillance à
l'égard des monophysites, un moyen de réunifier la chrétienté en les réintégrant peu à peu.
Grand empereur sur le plan politique et militaire, Justinien veut intervenir dans les affaires religieuses (c'est le césaro-papisme) : l'affaire des Trois-chapitres (condamnation par l'empereur d'une compilation d'écrits pseudo-nestoriens) marque le début de cette démarche. Devant le refus du pape Vigile de s'associer à sa condamnation, Justinien fait enlever et séquestrer le pontife pour lui forcer la main : n'y parvenant qu'imparfaitement, il pousse son interventionnisme jusqu'à convoquer le concile (553). Vigile n'assistera pas à Constantinople II et sera même déposé le 26 mai. Ce sont 168 évêques, dont 10 occidentaux triés sur le volet, qui assistent au concile Décisions Le concile Constantinople II condamne comme prévu les Trois-chapitres, et publie 14 anathèmes anti-nestoriens. L'origénisme est également condamné comme hérésie Commentaires Premier concile œcuménique du moyen-âge, Constantinople II est un échec quasi complet de Justinien : son interventionnisme, qui ira jusqu'à imposer Pélage comme successeur de Vigile, n'aura réussi qu'à fragiliser l'Eglise pour plusieurs siècles, sans réduire la fracture monophysite. |
| 680-681 | 6 | Constantinople III |
Le concile Constantinople III est le prolongement naturel de Constantinople II et de son impuissance à réunifier la chrétienté. Le péril
extérieur rendait pourtant cette unité primordiale. C'est la volonté de trouver un compromis entre monophysites et orthodoxes qui déboucha sur une nouvelle doctrine,
le monothélisme (ou volonté unique) : le Christ a bien deux natures distinctes, mais une seule
volonté divine bien sûr : ainsi la nature humaine du Christ se voyait-elle réduite au rôle d'exécutant de la volonté divine ! Après de multiples
péripéties, malentendus et violences, l'échec est patent ! Convoqué par l'empereur Constantin IV, le sixième concile oecuménique réunit 174
participants, dont 3 évêques occidentaux seulement.
Décisions Le concile Constantinople III condamne le monothélisme. |
| 691-692 | 6b | Concile In trullo |
Le concile in Trullo est le prolongement direct de Constantinople III, et n'est pas considéré comme un concile œcuménique à part entière. Il
traite de discipline plus que de théologie. Convoqué unilatéralement par l'empereur Justinien II, il réunit 220 évêques, tous orientaux.
Décisions Le concile in Trullo édicte 102 canons, qui traitent notamment du mariage des prêtres (en opposition avec les coutumes occidentales), des âges requis pour l'ordination, de la simonie, de l'avortement. Un canon est consacré aux icônes : il rejette toute représentation animale du Christ (allégories) pour privilégier la représentation humaine. |
| 787 | 7 | Nicée II |
Le concile Nicée II est le premier à se consacrer à autre chose que le dogme pur (christologie, trinité) : il est motivé par l'interminable querelle
des images et les persécutions des iconoclastes. C'est l'impératrice Irène, régente de son fils Constantin VI (mineur), qui convoque le concile.
Décisions Le concile de Nicée II annule les dispositions iconoclastes du concile de Hiéria (Concile non-œcuménique, 754) et condamne l'iconoclasme : "l'image n'est pas le modèle, mais renvoie au modèle". Le concile distingue également le culte d'adoration, ou de lâtrie, réservé à Dieu seul, et le culte de vénération, ou d'honneur, admis pour les images, c'est-à-dire pour les représentations des saints. |