Charles IV est roi de France et de Navarre de 1322 à 1328. Contrairement à ce qui s'était passé à la mort de Jean 1er, aucune contestation ne vient troubler la
succession de Philippe V, malgré l'existence des filles de ce dernier, et alors même que Charles avait été un fervent partisan de l'accession au trône de sa
nièce Jeanne…
Charles poursuit le mouvement de réforme administrative de son prédécesseur ; comme lui, il est confronté à de sérieuses difficultés
financières, et multiplie les procédés douteux pour y remédier (manipulation de la monnaie, expropriations, taxes, projets de croisade…)
Sur le plan extérieur, le règne est marqué par une lutte pour le trône impérial, opposant Louis de Bavière à Frédéric le Bel (soutenu
par le pape Jean XXII). Quand Louis prend le dessus, le roi de France se range résolument du côté adverse : il entrevoit un temps, du fait de la qualité de sa
deuxième épouse (fille de l'empereur Henri VII), de prétendre lui-même à la couronne impériale, mais Marie de Luxembourg décède, et il
renonce.
Par deux fois également, il renoncera à des expéditions orientales : son projet de croisade (1323) ne convaincra pas le pape, qui doute de l'affectation des sommes qui seraient
collectées ; l'expédition byzantine (1326) ne verra pas le jour non plus, victime des changements politiques à Constantinople…
Avec l'Angleterre, par deux fois les choses s'enveniment, d'abord au sujet de Mortimer, un prisonnier échappé de la Tour de Londres et réfugié en France, que Charles
refuse de livrer à Edouard II et qui séduit Isabelle, sœur du souverain Français et femme du souverain Anglais, venue négocier ; ensuite pour une querelle
d'influence dans l'Agenais (Village de Saint-Sardos). La Guyenne est saisie deux fois et rendue deux fois (un peu amputée) à l'Angleterre ; entre temps, Edouard II est destitué
avec l'aide d'Isabelle et Mortimer, remplacé par son fils Edouard III, et bientôt assassiné.
Charles IV tombe malade dès l'automne 1327. Il meurt l'année suivante, sans fils ni frère : la lignée des Capétiens directs s'éteint. La lutte pour la
succession va dégénerer en conflit armé : la guerre de cent ans est toute proche…...