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CHARLEMAGNE (v 742 - 814)


Charles 1er, dit Charlemagne ("le grand") est probablement né en 742, en Neustrie. A la mort de Pépin le Bref, son père, Charlemagne hérite le royaume des Francs avec son frère Carloman, et en devient le seul maître en 771 (Mort de Carloman). Son règne se caractérise par une expansion territoriale impressionnante, aux dépends notamment des Saxons et des Lombards : cette expansion culmine au début du IXème siècle, quand Charlemagne n'est plus roi mais empereur d'Occident (il est couronné en 800 par le pape Léon III). Parallèlement, cette période de conquêtes marque aussi un retour en grâce de la culture et de l'éducation (renaissance carolingienne), de la puissance publique aussi (division de l'Empire en 200 comtés ou création des missi dominici...).

Charlemagne n'a pas inventé l'école mais l'a systématisée, et il a vraiment fondé l'Ecole Palatine à Aix-la-Chapelle (dirigée par Alcuin); il n'avait donc pas d'idées folles, pas plus que de barbe fleurie d'ailleurs, mais un réel sens de l'administration d'un royaume. L'épisode de Roncevaux, popularisé bien plus tard par la chanson de Roland, est plus anecdotique que la trace qu'il a laissé dans l'imagination populaire. Il y a bien eu embuscade, dans laquelle est tombée l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne, mais tendue par les Vascons (Basques) plutôt que par les Sarrasins, et pour un résultat certes négatif, mais pas catastrophique...

Sur la scène internationale, le couronnement de 800 n'est pas immédiatement accepté par l'empire Byzantin, l'autre grande puissance européenne à l'époque : il ne sera reconnu qu'en 812, par Michel 1er. En attendant, une alliance, de circonstance à tout le moins, se noue entre Charlemagne et le calife Haroun al-Rachid, ennemi de Byzance. Les avis divergent sur la profondeur de cette alliance, au-delà des divergences religieuses : il y a pu avoir une correspondance importante, des cadeaux...

En 813, il associe son fils Louis au pouvoir, avant de Mourir à Aix-la-Chapelle, le 28 janvier 814. Il est canonisé en 1165. Eginhard est le biographe officiel, sinon objectif, de Charlemagne (Vita Caroli)


Généalogie
Pépin III
Roi des Francs
751 - 768
Bertrade de Laon
Berthe au grand pied
(v 720 - 783)

CHARLEMAGNE
Roi des Francs (771)
Empereur (800)

(Né v 751)
Carloman 1er
Roi des Francs
Gisèle
(? - ?)
Pépin
(? - ?)
Berthe
(? - ?)
Rothaïde
(? - ?)
Adélaïde
(? - ?)
Gertrude
(? - ?)
Pépin le Bossu
(v 770 - 811)
Himiltrude
(? - ?)
Désirée de Lombardie
(? - ?)
Charles le jeune
(v 772 - 811)
Adélaïde
(v 773 - 774)
Rotrude
(v 775 - 810)
Pépin d'Italie
(v 777 - 810)
Roi des Lombards
Louis le Pieux
(778 - 840)
Empereur
Lothaire
(778 - 780)
Berthe
(v 779 - 824)
Gisèle
(781 - v 800)
Hildegarde
(783 - 783)
Hildegarde de Vintzgau
(v 758 - 783)
Fastrade de Franconie
(v 765 - 794)
Théodrade
(v 755 - v 853)
Hiltrude
(v 787 - ?)
Luitgarde d'Alémanie
(v 776 - 800)
Concubines et bâtards
Charlemagne a également eu plusieurs enfants de concubines : Ruotilde (790 - 852) avec Madelgarde ; Adeltrude avec Gerwinde ; Drogon (801 - 855) et Hugues (v 802 - 844) avec Régina ; Thierry (807 - v 818) avec Adelinde.
L'Ecole palatine

L'Ecole palatine avait trois fonctions principales. Elle était à la fois un centre de savoir et d'enseignement pour tout le royaume, un lieu d'enseignement de haut niveau pour la noblesse franque, pour Charlemagne et sa famille, et pour les clercs de la Chapelle Palatine, un lieu, enfin, de production des livres. C'est en effet dans le cadre de l'Ecole palatine que les oeuvres liturgiques mais aussi païennes étaient copiées et préservées. Les oeuvres liturgiques visaient à produire de meilleurs textes d'Eglise ; les textes païens visaient à l'apprentissage de la littérature latine et des arts libéraux. Les livres étaient envoyés à l'Ecole depuis les abbayes du royaume et y étaient copiés. De même, des oeuvres terminées étaient à leur tour données aux abbayes. Ces oeuvres servaient aussi bien à l'étude qu'à l'enseignement -clérical et laïc- donné par l'école locale.
Les missi dominici
(envoyés du maître)


Ils étaient « les yeux, les oreilles et la langue du souverain ». Véritables inspecteurs généraux du royaume, ils avaient les pleins pouvoirs pour rappeler à l'ordre comtes et marquis, surveiller le fonctionnement de la justice et de l'état des finances. Les missi dominici étaient en général au nombre de deux : un religieux et un laïc. Ils avaient pour mission de procéder à des enquêtes, de contrôler l'administration des provinces et de signaler à l'empereur les abus qu'ils avaient pu constater.
Le Capitulaire Admonitio generalis (789)

Les capitulaires (de capitula : chapitres) sont des textes législatifs typiques de la dynastie carolingienne. Admonitio generalis est le plus célèbre, sinon le plus important d'entre eux. Longue de 82 articles, l'Admonitio generalis (Exhortation générale) définit les droits, les obligations et les missions des sujets de Charlemagne, qu'ils soient ecclésiastiques ou laïcs, pour les domaines religieux, intellectuel et moral. Son article 72 prescrit : [...] que les prêtres attirent vers eux non seulement les enfants de conditions servile, mais aussi les fils d'hommes libres. Nous voulons que soient fondées des écoles où les enfants puissent [apprendre à] lire. Dans chaque monastère ou évêché, corrigez scrupuleusement les psaumes, les notes [l'écriture sténographique], le chant [d'église], le comput [calcul], la grammaire et les livres religieux ; parce que souvent, ceux qui souhaitent bien prier Dieu le font mal à cause de livres non corrigés. Ne permettez pas que vos élèves les altèrent, soit en les lisant, soit en les écrivant ; et s'il faut copier les Évangiles, le psautier ou le missel, que des hommes d'expérience les transcrivent avec le plus grand soin.