La bataille de Bouvines (27 juillet 1204) est le deuxième acte de l'affrontement entre Philippe II, bientôt Auguste, et une coalition
Anglo-impériale élargie. Le premier acte est consécutif au débarquement des troupes de Jean Sans Terre à La Rochelle (16 février), et se joue à
La Roche-aux-Moines, à quelque kilomètres au sud-ouest d'Angers.
L'idée des coalisés consiste à attirer le Roi de France vers le sud pour le rendre vulnérable au nord. Parti au devant des troupes de Jean Sans Terre, Philippe,
méfiant, s'arrête à Chinon et y laisse la moitié de son armée, sous le commandement de son fils Louis : il sait qu'il pourra compter, pour affronter l'empereur
au nord, sur l'appui de milices communales. Jean Sans Terre, qui veut sécuriser sa marche sur Paris, décide d'assiéger la forteresse de La Roche-aux-Moines, défendue
par Guillaume des Roches, le sénéchal d'Anjou. Arrivant rapidement de Chinon, le futur Louis VIII dégage le siège (2 juillet) et met en fuite le roi d'Angleterre,
confisquant au passage nombre d'engins.
La chance des coalisés repose maintenant sur le surnombre des troupes impériales, dont s'approche Philippe II. L'affrontement a lieu sur le plateau de Cysoing, près de
Bouvines, au mépris de la trève dominicale.
Côté Français, outre le roi, les troupes sont commandées par Eudes de Bourgogne (Duc de Bourgogne), Robert de Dreux (Comte de Dreux et de Braine) et Guillaume de
Ponthieu (Comte de Ponthieu, baron du Saosnois) ; côté coalisés, les principaux commandants sont Otton IV (Empereur romain germanique), Renaud de Dammartin (comte de
Boulogne, de Dammartin, d'Aumale et de Mortain) et Ferrand de Flandre (Infant de Portugal et comte de Flandre et de Hainaut), flanqués entre autres des ducs de Lorraine et de Brabant et
de Guillaume de Longue-Épée, comte de Salisbury.
La victoire est totale pour Philippe : les troupes coalisées sont en déroute, le comte de Flandre est prisonnier, l'empreur en fuite, et bientôt destitué et les
possessions anglaises sur le continent sont considérablement amputées (voir carte ci-dessous).
Bouvines passe, à tort ou à raison, pour un événement fondateur de la nation, dans le sens que la victoire est collective : seul le royaume en tire les
bénéfices en termes de domaine, pas les grands féodaux.