La ligue du Bien public est une révolte des nobles, menés par Charles, comte de Charolais et futur duc de Bourgogne. Elle s'étend de mars
à octobre 1465. Les féodaux reprochent à Louis XI de les dépouiller de leurs fiefs, de réduire leurs pensions, de leur imposer des mariages à son
avantage et de gouverner avec des bourgeois. Ils n'ont pas de mal à trouver des alliés parmi les plus grands seigneurs du royaume.
Ils forment ce qu'ils appellent une " ligue du Bien public " et prétendent dans un manifeste, publié le 10 mars 1465, remédier au " désordonné et piteux
gouvernement ". En entrant en guerre contre le roi, la coalition projette d'installer à sa place un régent malléable, et qui ne serait autre que l'inconsistant Charles de
France, duc de Berry (18 ans) et frère de Louis XI. Le roi répond d'ailleurs, dès le 16 mars, par un contre-manifeste.
Pour se défendre, Louis XI fait appel à Francesco Sforza et propose aux Liégeois une alliance militaire contre leur ennemi commun, alliance signée le 17 juin.
Le roi, qui bénéficie du soutien efficace de Gaston IV de Grailly, comte de Foix et de Béarn, dispose d'une armée de 30 000 hommes. Dès le début des
hostilités, en mars 1465, il marche contre le Bourbonnais, au centre du pays. Puis il entame une course vers la capitale, les armées bretonne et bourguignonne s'étant
donné rendez-vous à Saint-Denis, début juillet. Le choc se produit à Montlhéry, au sud de Paris, le 16 juillet 1465.
L'issue de la bataille est confuse, chacun revendiquant le victoire. Louis XI gagne Paris pour y affermir son autorité et s'y trouve assiégé. Il parvient à rejoindre
Rouen, où il récupère ravitaillement pour Paris et renforts militaires contre la Ligue. Finalement, une trêve est signée le 3 septembre, bientôt suivie
par trois traités :
5 octobre : Traité de Conflans avec le comte de Charolais et Charles de France.
29 octobre : Traité de Saint-Maur avec les princes.
28 décembre : Traité de Caen avec le duc François II de Bretagne.
Outre les dispositions territoriales, il est prévu une commission de 36 membres, présidée par Dunois, chargée de réformer les abus de l'administration. Louis
XI n'observera pas longtemps les conditions qui lui étaient imposées : petit à petit, il prend le dessus sur ses adversaires. En 1468, Charles le Téméraire
forme une nouvelle ligue avec Charles de France, Jean d'Alençon et François II de Bretagne et le soutien d'Édouard IV d'Angleterre. Mais Louis XI, fort du soutien des
États généraux réunis à Tours en mars, réussit à séparer François II et Charles de France des ligueurs.