Bède (en saxon Bæda ou Beda), dit le Vénérable, né vers 672 en Northumbrie, est un moine et lettré anglo-saxon. Vers 680, il
est confié au monastère de Wearmouth, fondé quelques années auparavant par Benedict Biscop, puis à l'abbaye jumelle de Jarrow, non loin de l'embouchure de la
Tyde où il y termine son éducation et où il est ordonné diacre.
De culture et de langue latines, il est l'auteur d'une œuvre considérable. Très populaire en Europe durant tout le Moyen Âge, Bède est aujourd'hui surtout connu
comme l'historien des Angles par son œuvre maîtresse, Historia ecclesiastica gentis anglorum (Histoire ecclésiastique du peuple anglais), achevée en 731 ou en 732.
À côté de son Histoire, Bède, amateur de patristique, rédigea plusieurs ouvrages de mathématiques et de philosophie, conformément aux cursus de
l'enseignement classique des arts libéraux (trivium et quadrivium). Ses écrits sont émaillés de citations de Pline le jeune, de Virgile, Lucrèce, Ovide, etc.
Il connaissait le grec, et son latin est fluide et agréable, surtout dans ses commentaires de l'Ancien et le Nouveau Testament. Il a traduit l'Évangile selon saint Jean en langue
anglo-saxonne. Il est le fondateur du comput, science de la datation et du calcul de la date des fêtes mobiles, comme Pâques, dans la religion chrétienne.
Bède est le témoin de la naissance d'une véritable Église anglo-saxonne sur l'île de Bretagne : celle-ci, reconnue par Rome et soutenue par le siège
apostolique face à l'Église écossaise, surtout depuis le synode de Whitby en 664, est devenue au temps de Bède une pépinière de missionnaires qui
partent sur le continent pour évangéliser les Frisons et les Saxons. Prenant acte de l'évangélisation - récente - de son peuple, Bède rédige
alors une Histoire dans laquelle il décrit à la fois la naissance de cette Église et la naissance du peuple anglais (à travers sa foi orthodoxe), dans une
perspective chrétienne qui est celle du salut : païens partis d'un bout du monde, les Anglais vont retourner en Germanie pour évangéliser les leurs.