Bien qu'il n'y ait aucun conflit sur l'origine iranienne du nom, il y a eu plusieurs propositions rivales quant à son étymologie spécifique. La
plus fiable et la plus largement admise parmi ces dernières est que ce serait un nom composé persan, Bhagale ("Dieu") + dad ("donner"), traduit par " don de Dieu " (et
apparenté au prénom arménien Bagrat). Une autre proposition notable est que le nom viendrait du persan Bagh-dad ("Le jardin donné").
La ville est également surnommée Dar As Salam, la ville ronde, et la ville d'Al Mansour.
On dit souvent que Bagdad fut fondée au VIIIe siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers. Cependant, elle est
certainement plus ancienne puisqu'elle est citée dans le Talmud, de 2 siècles antérieur. Après la prise du pouvoir par les Abbassides au détriment des
Omeyyades de Damas en 750, la ville est choisie comme capitale du califat, mais a pour rivales dans cette fonction, d'abord Le Caire (avec la dynastie des Fatimides), puis Cordoue avec le
nouveau califat des Omeyyades. Bagdad joue le rôle d'une des capitales de l'islam et le restera jusqu'à la moitié du XIIIe siècle.
La Bagdad des Abbassides est une ville ronde de quatre kilomètres de diamètre avec quatre portes : Bab Echam, Bab Khorassane, Bab Bassora et Bab Al Koufa. Elle est
protégée par un fossé de vingt mètres de large et une double enceinte circulaire. Le palais, la mosquée et les casernes se trouvent au centre, tandis que la
ville constitue un anneau entre les deux remparts. La ville avait un dôme vert, de 48,36 mètres de haut, construit sur le palais, dominant la ville. Ce dôme qui fit la gloire
de Bagdad se serait effondré en 941 à cause de la foudre. La ville ne tarda pas à s'agrandir et donc à perdre sa forme ronde originelle. Au Moyen Âge, les
voyageurs européens confondaient Bagdad avec Babylone. À cette époque, elle était formée de deux grandes parties : La ville ronde d'al-Mansur sur la rive
ouest du Tigre La ville fortifiée par Al-Mustazhir en 1095, à l'est. En 1221, le calife An-Nasir rénova les fortifications auxquelles il flanqua des bastions. Une seule
porte est encore conservée : Bab al-Wastani dont la tour mesure 14,5 mètres de haut pour une circonférence de 56 mètres. Elle devient la plaque tournante du grand
commerce : ports du golfe Persique (Ubullah, port de Basra ou Sirâf) vers l'Inde (épices, pierres précieuses), la Chine (soie), le Yémen (parfums) et l'Afrique
orientale (bois précieux, ivoire, or) ; route de la soie par l'Asie centrale ; routes terrestres vers les Bulgares de la Volga, le monde scandinave (peaux et fourrures), Constantinople,
l'Occident chrétien, le Soudan
Le monde musulman importe également des esclaves (slaves, turcs, africains) et des matières premières (bois de construction, fer) et exporte des matières
première (alun) et des produits de l'artisanat (tissus, objets de verre et de métal, entre autres).
Certains historiens de la démographie considèrent Bagdad comme la première ville au monde à avoir atteint une population de un million d'habitants entre les VIIIe
siècle et IXe siècle. (La capitale chinoise Chang'an (Xi'an), terminus de la Route de la soie, était également une très grande ville à cette
époque.) Affaiblie par des troubles politiques, sa place de " ville la plus peuplée au monde " lui est probablement ravie par Cordoue au Xe siècle. On estime la population
de l'ancienne "capitale" des Francs, Aix-la-Chapelle, à environ 10 000 habitants à la même époque.
Le déclin de Bagdad s'amorça lorsqu'elle fut ravagée par les Mongols de Houlagou Khan en 1258, après un siège de 20 jours du 20 janvier jusqu'au 10
février, épisode de la Bataille de Bagdad. La ville toute entière est désarmée et sa population est massacrée. Ceci marque également fin
à la dynastie des Abbassides après l'assassinat de Al-Musta'sim.